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Rubrique Cinéma Japonais 23 février 2011

23/02/2011 Les commentaires sont fermés.
Le film d’aujourd’hui

L’ETE DE KIKUJIRO

Aujourd’hui c’est toute émotionnée que je vous présente un bijoux de film, une ode à l’enfance, aux souvenirs d’été, à la mélancolie, celle qui fait sourire… L’été de Kikujiro, sorti en 1999, ou LE film qui m’a fait découvrir le cinéma japonais, LE film qui m’a appris que voir un film en version originale transcende et exalte le plaisir de consommer une œuvre dans son entier, et finalement, LE film qui m’a fait rencontrer le monde merveilleux et délirant de Takeshi Kitano, l’homme aux mille visages…

httpv://www.youtube.com/watch?v=te5gmO6nj9w

Résumé

C’est l’histoire d’un gosse de Tokyo, Massao, dix ans, qui vit avec sa grand-mère. C’est le début des vacances d’été, et si les premiers jours, ça l’amuse de courir partout, et de s’inventer des jeux de son âge, il est quand même tout seul, et assez vite, il s’ennuie grave. Et puis il rencontre un gaillard bizarre, nommé Kikujiro, un vieux yakusa de 50 ans, un peu grossier, un peu voleur, mais gentil dans le fond. C’est avec lui que Massao va tailler un bout de route à la recherche de sa maman, qu’il n’a pas vue depuis longtemps – la seule information connue est qu’elle vit au bord de la mer… Le duo improvise alors leurs moyens de locomotion à travers le pays et vont rencontrer, lors de leur périple, un petit groupe de personnages insolites…

L’été de Kikujiro est considéré à la fois comme l’œuvre la plus amusante et la moins travaillée de Kitano. Destiné à toute la famille, le film fut inspiré du Magicien d’Oz, dont les prémisses sont un road trip. Si les éléments récurrents de l’œuvre de Kitano sont présents: dessins, vignettes, bords de mer, temples et anges, le thème du gangster, pour lequel Kitano est connu jusqu’alors, est très peu présent, prouvant au public qu’il est capable d’autres genres!

Le personnage de Kikujiro est joué par Takeshi Kitano lui-même, et, pour la petit histoire – et là je vous donne l’info qui va faire de vous des vrais connaisseurs: lorsque Monsieur Kitano réalise, on voit au générique son nom de metteur en scène « Takeshi Kitano », et lorsque Monsieur Kitano joue un rôle, au générique, on lira « Beat Takeshi », son nom de scène. Donc dans un même générique, comme dans l’été de Kikujiro, vous lirez « réalisé par Takeshi Kitano », avec « Beat Takeshi », et vous croirez que c’est deux personnes différentes! ET BEN NON!!!! C’est le même. Ah, les artistes…

Quoi qu’il en soit, Beat ou Takeshi ou les deux, KITANO, c’est un nom à retenir dans la liste des cinéastes japonais. Ce mec, c’est déjà une légende. Sa vie pourrait facilement servir de scénario à un film, tant son existence fut riche et passionnante. Aujourd’hui âgé de plus de 60 ans, son CV contient quand même les métiers suivants: acteur, réalisateur, scénariste, auteur, producteur et monteur. Mais que ne fait-il pas??? Je vous épargne sa biographie complète, il y a trop de matière, il aurait fallu une émission de deux heures par jour qui lui soit entièrement consacrée pour en venir à bout…

Alors restons sur Kikujiro. Un personnage, fascinant, qui bouffe la lumière et vole la vedette aux autres comédiens dès qu’il apparaît à l’écran – il a une « tronche » comme on dit. Il a perdu la mobilité d’une partie de son visage lors d’un accident de moto, et il lui reste un espèce de tic qui le fait cligner de l’oeil toute les 10 secondes… Je vous dis ça, pas que vous croyiez que ça fait partie de la composition du personnage, comme on pourrait le croire, tant cela ajoute à son rôle. Il est comme ça. Il est tiqué. Dans tous ses films. Et ça ajoute à l’empathie du spectateur pour le bonhomme, le sentiment qu’il nous est, quelque part, un peu familier…

Ce qui est si chOOOOOOli dans cette histoire c’est le duo amusant du jeunot et du vieux roublard. Brute et gaffeur, Kikujiro devient de plus en plus agréable vis-à-vis de Massao, tentant par tous les moyens de le divertir avec ses idées farfelues… Alors bien sûr, ce faisant, il divertit aussi le spectateur, avec brio! Ces petites trouvailles qui sortent de l’ordinaire, donnent lieu à des scènes délirantes où Kikujiro fait usage d’une bande de gai-lurons chopé au passage pour faire marrer encore plus le petit… Des scènes d’ailleurs pour la plupart improvisées avec les acteurs, ce qui rend le tout encore plus vivant! Alors forcément l’homme et l’enfant finiront par s’attacher complètement, le vieil homme va gagner en humanité, au bout du compte. C’était prévisible mais, c’est fait avec tellement de sensibilité, d’humour et de burlesque, qu’en tant que spectateurs au coeur d’enfant, on est surpris, ému, conquis.

LA MUSIQUE DU FILM

Ah la musique ! Que vaudrait un film de Kitano sans la musique de Joe Hisaishi? Oui LE fameux, rappelez-vous ce que j’en disais mardi: il est à la musique de film japonais ce que John Williams est à la musique des films de Spielberg!

Voilà une des bandes originales les plus belles DU MONDE!!! Le musicien y a composé des morceaux planants, gigantesques, attirant le spectateur subjugué dans des méandres de sons et de lumières. C’est un tout, un lien magique entre l’image et le son, l’histoire et l’harmonie musicale. Des notes apaisantes, aériennes, douces et mélancoliques…

Allez, on se détend, on ferme les yeux, on écoute…

httpv://www.youtube.com/watch?v=CjXvptz3pW8

Bon, vous j’sais pas, mais moi, j’ai versé ma petite larme… je trouve que même si on a pas pas vu le film – cette musique déclenche des choses à l’intérieur de soi qui font presque peur tellement ça fait tout du bien, tout du chaud au coeur, tout de la nostalgie qu’on sait pas d’oú elle vient…

Ok hein, y a un côté triste, mais on va pas finir la dessus, c’est quand même joyeux, comme le film, c’est un océan de bonheur à perte de vue! L’été de Kikujiro, en 1999, c’était l’été de tous les miracles, pour le cinéma japonais, pour les spectateurs, pour Kitano… Loin de ses oeuvres violentes, l’auteur nous livrait à l’époque son film le plus lumineux.

D’ailleurs, celui-là, plus que tous les autres, OUI, je vous SOMME de le voir! Même si vous devez braver la loi et télécharger, et bien, téléchargez que diable!!!!!

Ici le site de Takeshi Kitano

Dame Ginette

Rubrique Cinéma Japonais 22 février 2011

22/02/2011 Les commentaires sont fermés.
Le film d’aujourd’hui

DEPARTURES

Alors, malgré mon jingle de ninjas hargneux, vous saurez, chers auditeurs, que le cinéma japonais, ce n’est PAS QUE ça… La preuve aujourd’hui entre autre avec le film dont je vais vous parler, Departures, le film le plus récent de ma chronique, puisque l’année dernière encore il était projeté sur les écrans romands. C’est un film de Yojiro Takita, « Departures » donc, « Départs » en français – ça c’est facile – et « Okuribito » en japonais! Une comédie douce amère qui nous décode un des rituel les plus fascinants de la culture nipponne: l’art de la préparation des défunts avant la crémation…

httpv://www.youtube.com/watch?v=yOBkw_hr208

Outre les dizaines de prix internationaux et japonais que le film a raflé, il faut souligné que c’est lui qui est reparti avec l’Oscar du Meilleur film en langue étrangère à la fameuse cérémonie de 2009!

Résumé

Le personnage principal, c’est Daigo. A la base, sa passion c’est le violoncelle, dont il joue avec talent dans un orchestre de Tokyo. Au début du film, Daigo apprend que l’orchestre est dissous, faute de financements. Terrassé mais solide, Daigo prend sa femme et son violoncelle sous le bras et repart s’installer dans sa province natale, petite bourgade grisouille dans le froid de l’hiver. Première chose à faire, trouver un travail. En épluchant les petites annonces, Daigo repère un emploi – et c’est vraiment écrit comme ça – «d’aide aux départs». Super! une agence de voyage, se dit-il! Que nenni. C’est en allant se présenter à l’adresse qu’il découvre avec stupeur qu’il s’agit d’une entreprise de pompes funèbres. Mais voilà, Daigo doit faire les poings dans ses poches et accepter le poste, par réelle nécessité financière. Par contre, il se cachera bien d’avouer à sa femme, ni à quiconque d’ailleurs, la nature de son nouveau travail. Pourquoi? Et bien parce qu’au Japon, cette activité et franchement incomprise et carrément taboue. Lorsque la vérité lui échappera, son couple n’y survivra pas… Invraisemblable non? Le patron des pompes funèbres le prend alors sous son aile, et Daigo, contre toute attente, finira par sincèrement aimer son travail et le pratiquer avec beaucoup de respect et de grâce…

A propos du film

On assiste dans le film à de nombreuses scènes d’enterrements (12 je crois), cela va de soi, c’est le sujet! Et la préparation du corps, disons, la toilette du défunt, se fait généralement – selon la tradition – devant toute la famille réunie. Pas évident donc, c’est presque une prestation d’artiste. Si un sentiment de recul au début, même pour nous européens, nous met mal à l’aise, ça ne dure pas longtemps, car on est vite subjugués par la beauté du geste, magnifié par tant de pudeur, la chorégraphie du rituel, comme une danse silencieuse, et on se prend dès lors à ne pas comprendre pourquoi ce métier suscite tant de répugnance auprès des gens, alors que la grande sagesse de ces professionnels est avant tout le respect du deuil et du chagrin…

Attention, je le sens bien que déjà vous pensez que c’est un film chiant! Et bien non, de loin pas. Car le réalisateur, Yojiro Takita, est quelqu’un d’éclectique dont la carrière cinématographique a voyagé de la comédie aux films de samouraïs, en passant par de la série érotique. Il en connaît donc un rayon, et a saupoudré Departures, sobre de par son sujet, d’une pincée d’absurde et d’un soupçon de décalage qui rend la recette simple mais efficace. Et je tiens à souligner que ce film, à sa sortie, plus qu’un succès critique a été un fulgurant succès PUBLIC. Et finalement, c’est ça qui a du poids. Pour exemple, à Lausanne, le film a été projeté durant plus de 6 mois! Le bouche à oreilles à fonctionné à merveille.

Il faut avouer que le sujet – La Mort, houououououou – n’est pas très vendeur… Pari donc risqué. Toute façon à la base le film n’était pas prévu à l’exportation. Il y a donc eu un petit miracle!

Ok, y a pas mal de morts dans le film (forcément), mais il y a aussi beaucoup de vie!!!

Et puis il y a la beauté de l’image, illustrée sur 4 saisons, du pur lyrisme visuel, et la musique, bien sûr, berçant la fable de bout en bout à coup de violoncelle à te refiler la chair de poule. – Oui, même si normalement t’écoutes du death métal.

LA MUSIQUE DU FILM

Oui alors la musique… si vous m’avez écouté, vous avez capté que le personnage principal, Daigo, est un féru de violoncelle. Donc, la musique c’est surtout…. de la tompette. Mais non, du violoncelle, merci à ceux qui suivent…

Et devinez à qui a été confiée la bande originale de Departures? Le seul, l’unique, Joe Hisaishi. Ca vous dit rien en fait pour l’instant… Mais vous saurez que sur les 9 films dont j’ai choisi de vous parler cette semaine – et je vous jure j’ai pas fait exprès – Hisaishi est le compositeur de 4 des films. Quand on connaît un peu son travail, d’ailleurs, et là c’est la frime, on parvient même à reconnaître sa pâte dans moult films japonais, sans prendre trop de risques. Mais ça ne veut pas dire qu’il fait toujours la même soupe! Ben non. C’est juste que Joe Hisaishi est à la musique de film japonais ce que John Williams est à la musique des films de Spielberg: indissociable! En plus depuis peu, Monsieur Hisaishi est demandé de tous les côtés, hors Japon aussi, ce qui en fait l’un des dix compositeurs les plus talentueux DU MONDE!!!!

Il a su pour Departures faire la part belle au violoncelle qui s’accorde parfaitement au ballet rempli d’amour des mains de l’embaumeur lors de ses préparatifs sacrés…

Voilà, c’est le moment de conclure sur Departures, et je vais encenser encore un peu ce petit bijoux: JAMAIS la mort n’a été traitée avec autant de délicatesse et de tendresse au cinéma. Chapeau bas, très très bas! La culture japonaise est le summum, le top de la politesse et de la gestuelle raffinée. On peut tous être touchés, émus, convaincus! Il est disponible en DVD depuis peu, mais déjà en rupture de stock… dommage hein?!

Dame Ginette

Rubrique Cinéma Japonais 21 février 2011

21/02/2011 Les commentaires sont fermés.
Le film d’aujourd’hui
NOBODY KNOWS

Aujourd’hui, on rigole pas. Non, cccchhhuuuut, qui c’est qui rigole??? Stop. Aujourd’hui c’est triste. Alors on baisse la tête et on écoute solennellement l’histoire de Nobody Knows, ou l’histoire vraie d’une poignée de frères et soeurs livrés à eux-même dans un appartement de Tokyo, abandonnés par leur mère… Oui je sais c’est horrible… mais le film est bien. Si si, j’vous jure. Vous croyez qu’la vie c’est regarder que des films marrants et débilisants, sans consistance pour le cerveau??? Moi je vous propose de la consistance cinématographique… Na.

Ici la bande annonce

Sorti sur les écran en 2003, et réalisé par Hirozaku Koré-Eda, Nobody Knows est tiré d’un fait divers réellement survenu en 1988 dans lequel quatre enfants avaient été abandonnés par leur mère pendant 9 mois dans leur appartement au Japon.

Qu’est-ce qu’on bien pu faire ces gosses pendant neuf mois tous seuls dans un appart’, avec quasi par d’argent? C’est ce que le réalisateur s’est demandé en écrivant ce film, tentant de ne pas monter l’enfer probable qu’ils ont pu vivre mais plutôt la richesse de leur vie, vue de l’intérieur.

Résumé

En plein Tokyo, quatre enfants, tous de pères différents, vivent seuls dans l’attente du retour improbable de leur mère. Pas un parent, pas un voisin ne s’en inquiète, car personne ne soupçonne leur existence. Aucun ne va à l’école. Seul l’aîné a la permission de sortir, pour aller faire les courses, subvenir aux besoins de la famille. Lorsque la mère disparaît pour de bon, laissant derrière elle un peu d’argent, les enfants s’amusent tout d’abord de cette situation incongrue: les interdits s’écroulent, la maison devient terrain de jeu, le supermarché un parc d’attraction, et la rue le lieu de toutes les aventures. Puis, livrés à eux-mêmes, forcés de se comporter en adultes dans un environnement de plus en plus hostile, ils glissent peu à peu, de manière presque imperceptible mais néanmoins inexorable, dans un état de délabrement physique et moral…

Commentaire

Suivant une ligne proche du documentaire, Kore-eda ne laisse certes planer aucun suspense, aucun espoir de happy end: il ne s’agit pas de savoir si les enfants vont s’en sortir, mais plutôt combien de temps ils vont tenir. Le film porte un regard tendre sur cette famille orpheline, que l’on suit au fil des saisons, sans tomber dans le misérabilisme qu’une histoire pareille pourrait évoquer.

Ok, c’est un contre cruel, mais, sous la moiteur et l’horreur des images, se dessine une trace d’espoir indélébile… En fait, Nobody Knows possède la force des meilleurs films d’auteur japonais contemporains et se présente comme un chef-d’œuvre délicat sur l’enfance brisée…

Et ça touche, forcément, comme un crève-coeur. A moins que vous n’ayez pas de coeur. En tant cas, on ressent à la vue de ce film, comme une solidarité viscérale pour ces gosses qui n’ont de fautes à expier que celle de leur mère…

A Cannes, en 2004, le jeune garçon de 14 ans qui joue l’ainé de la famille a reçu le prix d’interprétation masculine. Ce fut le plus jeune comédien récompensé sur la Croisette!

En parlant des acteurs, il est intéressant de noter que Koré-Eda n’a pas fait lire de scénario aux enfants, et a fait peu de répétitions, adaptant certaines situations à la personnalité des comédiens. Comme par exemple le choix de la nourriture dans certaines scènes! Pour la petite histoire, le tournage s’est déroulé dans l’ordre chronnologique du film (ce qui est rare), pendant 3 saisons. Les enfants ont vraiment grandi, mûri, au fil de l’histoire, comme dans la vraie vie. Les changements physiques et psychologiques des jeunes comédiens se sont développés en parallèle. Au cours du tournage, la voix de l’aîné a mué. Au début, il était timide, alors qu’à la fin du tournage, c’est lui qui menait le groupe! Comme dans le film! Le cinéma, c’est de la fiction, mais finalement, c’est aussi un bout de pellicule sur lequel se greffe un bout de vie des gens… C’est beau.

LA MUSIQUE DU FILM

Pour illustrer de façon sonore, la conclusion de cette histoire triste mais belle, je vous propose la chanson que l’on entend au générique de fin (d’ailleurs, bande de petits malins, dorénavant, au cinéma, on reste assis pendant le générique de fin, hein! La musique choisie fait aussi partie de l’œuvre, en plus, on peut trouver plein de prénoms marrants pour ses futurs enfants!!!). Cette chanson est interprétée par Tate Takako, pour l’anecdote, la chanteuse, c’est la caissière de la supérette dans le film…

Pour conclure, ce genre de films «consistants», comme je le scandais au début de ma chronique, j’voudrais quand même souligner, trois fois même, qu’en Suisse, on a la chance de pouvoir les voir au cinéma! Et celui-ci, c’est grâce à Trigon qu’il est arrivé jusque chez nous.

Trigon, c’est un distributeur suisse qui s’engage depuis les années 80 pour un cinéma de qualité en provenance des pays du Sud et de l’Est. C’est grâce à Trigon que nous pouvons voir depuis plus de vingt ans, sur nos écrans, du film d’auteur en provenance d’ailleurs, des perles rares asiatiques, africaines, indiennes, sud-américaines…

Je vous invite d’ailleurs vivement à découvrir le site internet de cette association, Trigon-film, parce que tout les films de leur catalogue sont disponibles en DVD, comme Nobody Knows, et qu’on peut les commander en deux clics de souris, se faire livrer à la maison, et voyager vers une autre dimension cinématographique bien calé dans son canapé, sans payer de billets d’avion! Elle est pas belle la vie?

Ici le site Trigon Film

Dame Ginette