CINEMA CHOC « TAXI DRIVER »

Pour ce 7ème et avant dernier film de ma rubrique, j’ai choisi un film américain qui à ma vue n’est pas un grand film, mais, qui aux fil des années est devenu, malgré mon avis, un film culte! Aujourd’hui je vous parle de Taxi Driver écrit par Paul Schrader et réalisé par le grand Martin Scorsese en 1976. C’est un drame psychologique qui remportera la Palme d’Or au Festival de Canne et fut nommé pour quatre Academy Awards, y compris pour celui du meilleur film. Et le rôle principal, un chauffeur de taxi new-yorkais, est attribué au non moins célèbre Robert De Niro.
Vétéran de la guerre du Vietnam, Travis Bickle, joué par Robert de Niro est donc chauffeur de taxi. Ses rencontres nocturnes et la violence qu’il voit tout les jours, lui font perdre peu à peu la tête ce qui par la suite le décidera à délivrer une prostituée mineure de ses macrau et bien d’autres démarches encore.
On écoute la bande annonce que je trouve juste géniale, on en fait plus des comme ça.

Je voudrais vous prévenir pour ce film aussi, comme pour celui d’hier, que vu l’année de sortie, il y prescription, et que je vais vous dévoiler tout ou presque, sur le film. Alors si vraiment vous ne l’avez pas vu! Eh bien à vous de voir, si vous m’écouter… en même temps ça me ferait plaisir que vous restiez…

Travis Bickle est un jeune homme du Middle West qui a récemment été démobilisé des Marines. Il en ressort avec une personnalité déséquilibrée et devient de plus en plus un individu refoulé, en marge de la société. Souffrant d’insomnie, il décide de prendre ce travail de chauffeur de taxi et se porte volontaire pour faire des nuits. Puis il passe son temps libre à regarder des films porno dans des cinémas sordides, et à rouler, sans but dans son taxi.
Il est horrifié par la décadence morale qu’il pense voir autour de lui, ça le mets en rogne, il devient fou. Quand Iris, prostituée de douze ans et demi, joué par la jeune Jodie Foster qui à cette époque a tout juste 14 ans, monte une nuit dans le taxi de Travis, poursuivie par son proxénète, il devient obsédé par l’idée de la sauver, malgré le désintérêt de la jeune fille.

Un autre rôle dans ce film, Betsy qui est tenu par Cybill Sheperd, que vous avez sans nul doute, du voir il y a quelques années dans Clair de Lune, elle joue une assistante du sénateur de l’Etat de New-York et Bickle en est également obsédé. Après une première rencontre a son travail, elle accepte un rendez-vous avec lui, qui va tourner, plutôt, disons pas comme une lady le souhaiterai, il l’emmène dans un cinéma miteux où, contre son gré, elle va voir un film porno. Pas très romantique hein? En même temps y doit pas connaitre grand chose d’autre. Bref, au bout de quelques instants, elle quittera la salle, dégoûtée.
Bickle est plus qu’en colère, car elle ne donne aucun signe de vie c’est là que le personnage de Travis va changer, un anti-héro, complétement taré, une machine à tuer et qui décide pour se venger d’assassiner le sénateur. Mais il échoue en beauté. Du coup il change de cible et s’en prend au proxénète d’Iris. Il fini par le tuer, après avoir tirer sur certain qui lui coupaient le chemin, mais se retrouve lui-même bien amoché suite à cet assaut.

Décortiquons un peut la fin du film, certains ont pu voir dans la scène finale la rêverie romantique d’un Bickle mourant, tandis que d’autres y analysent une fin réelle et positive. Malgré les divergences d’interprétation, le film s’achève de manière harmonieuse, sur la thématique de la rédemption, qui est une des quêtes principales de tant de personnages chez Scorcese.
Mais la fin du film peut cependant être analysée différemment: après que Travis ai déposé Betsy, celui-ci repart dans son taxi. Alors qu’il déplace son rétroviseur pour ne plus avoir à y supporter la vue de son visage peut mettre ici en lumière la honte ressentie par le personnage, et le dégout qu’il porte à son acte, bien que celui ci ait été largement applaudi par la presse New-yorkaise. En décalage avec les louanges des journalistes, Travis semble malgré ça être conscient du caractère barbare de ce qu’il a fait, motivé par une escalade nerveuse purgée de toute raison et d’un désir d’exprimer toute la violence de sa personne. Scorsese met ici en relief le peu d’estime que se voue le personnage, l’idée d’un orgueil largement dévalorisé par le massacre qu’il a commit, et peint surtout le portrait d’un héros malgré lui, d’un homme vedettisé malgré l’horreur de son crime.

Autre interprétation: Travis ne s’intéresse pas charnellement à Betsy qui reste pour lui la femme idéale et utopique. C’est Betsy qu’il regarde brusquement et à plusieurs reprises dans son rétroviseur après qu’il l’ai déposée, sans lui avoir répondu à un seul moment. Peut-être que Betsy n’était qu’un fantasme qu’il retrouvait dans son taxi? Mais la fin est extrêmement pessimiste et d’ailleurs, le film s’achève sur une musique aux accents particulièrement inquiétants. Travis n’est pas guéri par sa violence suicidaire. C’est avant tout la notoriété qu’il recherchait, il voulait à tout prix être reconnu par l’opinion et par les médias. S’il assassine des crapules pour délivrer une petite prostituée qui le repousse, c’est parce qu’il vient d’échouer dans l’assassinat du sénateur. La délivrance est secondaire: il lui faut avant tout se libérer de ses propres frustrations. Travis est en fait un dangereux psychopathe qui peut récidiver à tout moment, alors que l’opinion voit en lui un héros, comme les parents de la petite prostituée.

La musique de fin faite par Bernard Hermann, un compositeur réputé pour son travail avec Alfred Hitchcock, et pour ce film ce fut la dernière composition sur laquelle il travaillera avant sa mort, le film lui a d’ailleurs été dédié.

Revenons au film. En 1976 à New York, année où le film fait sa sortie, la ville connaît un taux de criminalité le plus élevé au monde, cela n’aura pas empêcher Paul Shreader d’écrire ce film en un temps record, 5 jours seulement, une sorte de biographie, car son couple venait de partir en torpille et fréquentait du coup à ce moment de sa vie, les cinéma porno et se voyait développé en lui une obsession morbide pour les armes à feu. Le film fut très critiqué pour sa violence, dans le sens où cette dernière n’a aucune explication à donner, elle explose tout simplement. Pourtant, seuls quatre personnages sont tués. Mais pour ne pas mettre en péril le film côté censure, Scorsese atténuera les couleurs pour rendre le sang moins visible, surtout dans la scène de la tuerie, qui à cette époque était considérée excessivement forte. Même aujourd’hui, elle conserve une puissance émotionnelle indiscutable. Il reste que ce film fut le premier à parler des conséquences de la guerre du Vietnam sur les soldats qui y ont combattu.

Avant que Paul Shreader insiste pour que Scorcese et De Niro se retrouvent devant et derrière la caméra, ce fut d’abord Robert Mulligan, réalisateur de « The Man in the moon », qui était pressenti à la réalisation de Taxi Driver, ainsi que Jeff Bridges pour le premier rôle. Puis Bryan De Palma fut également intéressé pour la réalisation. Mais finalement belle réussite que ce jeux entre Scorcese et De Niro qui s’entendent à merveille. Pour alléger le budget du film les deux compères acceptent même de diminuer leur salaire. A savoir que pour celui de l’acteur c’était 5 fois moins que ce qu’on lui proposait pour jouer dans un film de Richard Attenborough. Et avant le tournage, pour ce film De Niro travaillera douze heures par jour dans un taxi et étudiera les maladies mentales afin d’être complètement dans son rôle.
Bref nous avons là un Martin Scorsese équilibriste, qui fait d’une histoire où il ne se passe pas grand chose, une oeuvre qui nous parle à tous et qui reste complexe malgré les relectures. Il est à la quintessence de son art tel que Robert De Niro qui joue ce rôle de Travis comme personne n’aurait pu le faire. Ce chauffeur dont on ne sait rien, qui se transforme en chevalier en armure jaune sans cause, un antihéros complètement à la dérive et bientôt prêt à tuer.
On parle beaucoup de De Niro mais Jodie Foster est elle aussi extraordinaire dans son rôle. Des images cultes, des répliques culte telle que le fameux « You’re talking to me? », qui, il faut le dire est une totale improvisation de l’acteur, et qui sera d’ailleurs reprise par Vincent Cassel dans le film la Haine de Mathieu Kassovitz, mais ça ça sera pour demain.

Taxi Driver n’est pas un film qui laisse indifférent: soit on aime, soit on déteste. Scorcese et Shreader n’en ont pas fait un film qui caresse le spectateur dans le sens du poil, au contraire il est antipathique, violent, immoral, glauque, sombre et pessimiste. Et pourtant en 1976, le film fut un énorme succès. Taxi Driver est un Film Culte dont nous devons accepter la crasse.

C’est pas chic, mais qu’est-ce que c’est choc! NON?!

Bravo à René Favre qui à remporté une entrée au cinéma Royal et une entrée pour le carnaval en répondant à la question du jour.
Qui a réalisé ce film? Martin Scorcese

CINEMA CHOC « L’EXORCISME »

Aujourd’hui on parle d’un des films les plus culte qui existe! Tout le monde en a entendu parler ou l’a vu, à moins d’avoir été en exile sur une autre planète durant ces 40 dernières années! Je veux parler de L’exorcisme. Alors pour la rubrique d’aujourd’hui, je tiens plus que les autres jour à mettre en garde les âmes sensibles et éventuellement éteindre ou vous éloigner du poste de radio une 15ènes de minutes.
L’exorcisme est considéré comme un film d’épouvante, américain, réaliser par William Friedkin en 1973 et adapté de l’ouvrage du même nom de 1971 écrit par William Peter Blatty.
Le film s’ouvre sur des fouilles archéologique en Irak effectuées par un vieux prêtre. Il découvre alors une petite tête de statuette d’un démon et commence à être troublé par les visions macabres qui s’ensuivent et à s’interroger sur la nature du Mal au sein de l’Humanité.
Au même moment à Washington, la maison de l’actrice Chris MacNeil est troublée par des phénomènes étranges : elle est réveillée par des grattements mystérieux provenant du grenier, tandis que sa fille Regan se plaint que son lit bouge. Les crises se font de plus en plus fréquentes. En proie à des spasmes violents, l’adolescente devient méconnaissable.
Chris décide de faire appel à un exorciste. S’engage alors une dramatique épreuve de force pour libérer Regan.

Je voudrais remonter le temps dans les années 40, et vous parler de la véritable histoire d’un jeune garçon, celle de Robbie Mannheim. Vous allez me dire mais qui est-il et pourquoi vous en parler? Et bien On ne sait pas vraiment qui il est car son identité est restée secrète. Mais on le connaît aussi sous le pseudonyme de Roland Doe. Alors Pourquoi tant de mystère ? Parce qu’il a fait l’objet d’un exorcisme, à jamais inscrit dans les annales du Maryland. Cet enfant n’est autre que… celui qui a inspiré le film. Robbie-Roland est né dans les année 30. C’est l’église catholique qui lui a donné le pseudo de Roland Doe ; c’est la procédure habituelle. Plus tard, l’écrivain, William Peter Blatty, racontera le cas dans un livre, en donnant un autre nom à l’enfant, Robbie Mannheim. Son identité réelle n’a jamais été révélée. Tout ce qu’on sait de cette affaire vient principalement du journal tenu par un prêtre. Dans la presse de l’époque, les articles venaient d’autres sources. William Peter Blatty a écrit son livre Posessed, vendu à 13 millions d’exemplaire rien qu’au USA, qui inspirera L’exorciste, le film le plus effrayant du cinéma.

Le film met en scène Ellen Burstyn, Max Von Sydow, Jason Miller et Linda Blair.
L’Exorciste est devenu l’un des films d’horreur les plus rentables de l’histoire avec plus de 400 millions de dollars de recettes dans le monde entier. Il est également considéré comme un classique du cinéma, et l’American Film Insitute l’a classé 3ème meilleur thriller derrière Psychose et les Dents de la mer. Il a reçu 2 Oscars et 4 Goldens Globs. Le film a été commercialisé aux Etats-Unis par Warner Bross le 25 décembre 1973, et une version restaurée est sortie en septembre 2000.

L’intrigue s’ouvre alors aux Etats Unis à Washington. L’actrice de cinéma Chris MacNeil jouée par Ellen Burstyn semble mener une vie heureuse avec sa fille Regan, jouer par Linda Blair et son très bon ami Burke. Chris commence à faire suivre des traitements médicaux à sa fille dont les médecins voient en elle de simples troubles nerveux dus à la pré-adolescence. Mais elle est de plus en plus inquiète car elle en proie à des spasmes violents et à d’étranges symptômes devenus fréquents. En plus au cours d’une soirée à la maison des MacNeil, Regan alors alité descend dans la salle de réception et, s’adressant à Burke, dit avec une conviction froide et inquiétante ces mots étranges:«Tu vas bientôt mourir», puis urine sur le tapis. Suite à cet incident, la mère décide d’accélérer les démarche auprès des médecins. Mais, les spasmes continuent, s’intensifient, et deviennent de plus en plus mirifiques, Regan parle avec une voix de vieille femme alcoolique et fumeuse, elle dévale les escaliers sur les mains et les pieds à l’envers en crachant du sang, tient des propos violents et son visage ressemble de plus en plus à celui d’un démon.

Parallèlement aux événements, un inspecteur mènera l’enquête. Il interrogera le Père Karras joué par Jason Miller, et la mère de Regan. Dans un deuxième temps, Chris fait appel à un psychiatre car elle pense avoir affaire à un cas de dédoublement de personnalité. Cela ne durera pas longtemps car non seulement Regan abrite en elle une autre personnalité mais celle-ci, est en plus un être indubitablement démoniaque et violent. Une seule conclusion s’impose à elle: sa fille est possédée et elle doit solliciter l’impensable pour elle parce que nous sommes au XXe siècle et qu’elle n’est pas croyante: un exorciste.
Elle contacte alors le père Karras qui rencontre Regan ou plutôt le démon qui a pris corps en elle. Karras commence alors le travail d’exorcisme.
Un soir, il est appelé d’urgence à la maison des MacNeil pour observer un étrange phénomène: sur le ventre de la fillette possédée, apparaissent ces mots « Sauvez-moi »
Karras effectue alors les démarches auprès de l’Église pour obtenir le droit de pratiquer un exorcisme. Cette dernière accepte mais confie le rôle de l’exorciste au Père Lankester Merrin joué par Max Von Sydow, prêtre expérimenté ayant déjà pratiqué un exorcisme en Afrique. Merrin et Karras commencent donc leur travail sur le démon en récitant des prières et des «formules d’exorcisme», lui jettent de l’eau bénite, mais le démon résiste dans des manières surnaturelles, il crache un étrange vomis vert, se met à léviter au-dessus du lit, ou encore pivote la tête à 360 degrés.

L’exorcisme est vain, Karras dans un accès de rage provoque le démon pour qu’il prenne possession de lui, le démon s’exécute, comprenant que le monstre est en lui, il saute par la fenêtre et meurt pour éviter que le démon perdure.
Des jours plus tard, la famille MacNeil déménage. Regan est redevenue comme avant, malgré les marques physiques de violence. La vie reprend son cours normal.

La réalisation de ce film à été proposée à bien des réalisateur, en autre Alfred Hitchcock, qui refuse d’acquérir les droits du livre et par conséquent de le réaliser. Stanley Kubrick est approché et accepte le projet à la condition de le produire lui-même ce que la production refuse. William Peter Blatty soumet alors le nom de William Friedkin qui vient de réaliser French Connection. Le succès du film encourage alors le studio à l’engager.
Pour ce qui est des rôles, là aussi un grand casting, pour celui de la mère actrice, Shirley Mac laine, Jane Fonda qui considère le projet comme « un tas de merde capitaliste, Audrey Hepburn, Barbara Streisand et finalement Ellen Burstyn, tout juste honorée au Oscars, accepte à la condition que son personnage n’ait pas à dire « je crois au Diable ».
Pour le rôle de Regan MacNeil, William Friedkin rencontre près de 500 actrices de 11 à 15 ans. C’est alors que Linda Blair, actrice depuis l’âge de 6 ans, se présente accompagnée de sa mère.«Elle était intelligente, spontanée, attachante. Aucune des six candidates en lice à l’époque ne lui venait à la cheville. Le réalisateur pensait qu’elle conviendrait parfaitement, qu’elle possédait une mentalité susceptible de l’intégrer à ce personnage sans qu’elle en soit traumatisée psychologiquement.» et engage donc la jeune actrice. Elle recevra d’ailleurs un Golden Globes pour la meilleurs actrice dans un second rôle.
Se dépécher de parler tapis juste juste

Warner Bros propose Marlon Brando pour interpréter le Père Merrin, mais Friedkin s’y oppose trouvant l’acteur trop connu. Le rôle revient donc à Max Von Sydow. Paul New Man et Jack Nicholson sont contactés pour le rôle du Père Karras, mais le réalisateur choisira finalement Jason Miller, acteur sans aucune expérience au cinéma. L’exorciste comporte aussi une Bande originale qui nous colle à la peau et qu’on ne peut oublier! Qui n’a pas les poils qui se dresse en entendant les 1ères notes de Tubular Bells composée par Mike Oldfield? Choisi par Friedkin lui-même dans le copieux catalogue musical Virgin. Olfield l’avait fait préalablement au projet, il s’agit d’un extrait de l’album Tubular Bells. Il devindra d’ailleurs populaire après la sortie du film. Ce thème, froid et lancinant, exerça une certaine influence sur la musique de films du genre, notamment sur celle composée par John Carpenter pour bon nombre de ses propres réalisations. Et il ne faut pas oublier non plus le non moins effrayant String Quartet, composé par Krzysztof Penderecki.
L’exorciste remporta d’ailleurs en 1973 outre l’Oscar du Meilleur Scénario, celui du Meilleur Son.
Aller un petit extrait, histoire de bien vous mettre dans l’ambiance….
Musique Mike Odfield Tubular Bells lancer le tapis suivant 4 secondes avant la fin de la musique

Le film à été parodier maintes et maintes fois, entre autre dans Scary Moovies 2 avec la scène de l’exorcisme proprement dite et également dans les guignols de l’info, c’est dire si ce film est culte.
Plusieurs suites sont envisagées alors que l’équipe technique et de distribution s’y opposent, les William’s se rencontrent néanmoins pour développer une idée, mais y renoncent. Les mêmes acteurs sont approchés et la plupart refuseront. Linda Blair finira par accepter mais va regretter et dit aujourd’hui que c’est l’une des plus grande déception de sa carrière.
Il y aura en tout 5 films qui suivront le 1er entre 1977 et 2005, mais qui n’obtiendront évidemment pas le même effet médiatique.
L’exorciste reste à ce jour l’un des films les plus effrayant, dont on ressort ébranlé, un film surprenant et choquant de part son thème! Film qui a rapporter je vous le rappelle, jusqu’à ce jour plus de 440 millions de dollars dans le monde entier, et est classé 1er parmi les 20 films les plus regardé de l’année 73. Il est troublant pour tout les publics, en particulier les plus sensibles, j’entend par là ceux qui ont tendance à « vivre » les films qu’ils voient. A l’époque il n’y avait jamais rien eut de tel à l’écran, c’est pourquoi aujourd’hui il est désormait un classique du cinéma d’horreur.

C’est pas chic, mais qu’est ce que c’est choc! NON?!

CINEMA CHOC « LES IDIOTS »

J’ai choisi aujourd’hui pour continuer dans la série de film choc, « Les Idiots ». Ce n’est pas un film avec de la violence proprement soit dite mais plutôt un film avec un sujet un peut bizarre qui peut être violent pour certaine âmes. Il raconte l’histoire d’un groupe de jeunes gens anti-bourgeois, doté d’un appétit de vie féroce qui passent leur temps à chercher leur « idiot intérieur », en libérant leurs inhibitions et en se comportant comme s’ils étaient mentalement retardés en public. Ils explorent les valeurs cachées et les moins appréciées de l’idiotie par conséquent provoquant l’opinion de la société, le politiquement correct. Ils estiment que la société dans son ensemble traite leur intelligence de façon non créative et sans défis. Ainsi, ils cherchent l’humiliation et les situations dégradantes.
Les Idiots est un film danois (Idioterne) sorti en 1998 et réalisé par Lars Von Trier un réalisateur un peut dérangeant et dérangé dont nous parlerons plus en détail après. Les Idiots est le premier film de Lars Von Trier fait conformément au manifeste Dogme 95 et le deuxième film de la «trilogie cœur en or» qui inclut Breaking the waves 1996 et Dancer in the Dark 2000.

Le début du film commence avec une femme, Karen, assise dans un restaurant chic, elle observe une jeune femme, Susanne, qui essaie de faire manger proprement deux hommes, handicapés mentaux. L’un d’eux, Stoffer, se prend d’affection pour Karen. L’autre, Henrik, perturbe le repas. Agacé, le garçon leur demande de partir. Karen les accompagne. Dans le taxi, elle comprend que ces deux personnes ont joué les idiots. Elle est involontairement impliquée dans le jeu de ce petit groupe, mais finalement, va décider de rester un peut avec eux. La communauté joue les débiles à la piscine, puis à Copenhague. Ils sont ravis à chaque fois que l’un d’entre eux trouve une nouvelle manière de dépasser les limites de la bêtise. Pour vous dire qu’un jour, l’or d’un faux anniversaire une partouze est organisée, avec l’accord plus ou moins tacite des participants. Et ce qui est certain c’est que ce passage lui n’est pas faux, c’est bien réel, et on voit tout, pas longtemps mais assez pour en rester bouche bée. C’est du Lars Von Trier.Par la suite le chef du groupe veut aller encore plus loin. Il faut que chacun soit capable de rentrer chez ses proches et de jouer les débiles, dans sa famille ou au travail. Alors y arriveront-ils ou pas? Je ne vous le dirais pas il faudra voir le film.

Le film est structurée par le trajet de Karen. Car tout prend sens à partir du malheur de cette dernière dont le visage ressemble à un masque tragique. Ses interventions brèves structurent le film en le ponctuant selon une certaine logique. Elle résiste maladroitement à la folie du groupe, et finalement c’est elle qui va le plus loin dans la transgression sociale. Elle va prendre conscience d’un tas de chose concernant sa vie et va les changer. Cette communauté en sympathie avec son malheur devient le seul repère affectif de Karen. Réciproquement, l’expérience des idiots trouve dans le tragique sa véritable raison d’être.

Parlons à présent du réalisateur, Lars Von Trier. Il fait sa première apparition à l’écran comme acteur, en 1968, dans la série télévisée L’Eté Mystérieux.
Dérangeant, Lars Von Trier est un réalisateur qui fascine et avec qui on ne ressort jamais indemne de ces films. Dans les Idiots le scénario est poussé à l’extrême par ces acteurs qui n’ont vraiment pas froid aux yeux et qui se sont donnés à fond… et… bien à fond! là je veux parler de la scène de la partouze.
Lars Von trier prête autant d’attention à ses acteurs qu’aux gens qui les regardent. Ce qui l’intéresse dans ces expériences n’est pas seulement la notion d’attentat mais aussi la façon dont l’attentat se développe peu à peu, dont le regard change. Mais Lars Von Trier va encore plus loin. Son point de vue est étrange et déstabilisant. D’abord, on pense que ce n’est qu’une simple provocation. Et puis, on comprend quelque chose de plus. C’est une provocation, certes, dirigée contre le monde, ou la société, mais contre toute forme de société en général.

De son véritable nom Lars Trier (il ajoutera le «von» aristocratique durant ses années d’école de cinéma), ce réalisateur et scénariste est aussi un des fondateurs du Dogme 95 qui définit d’après dix règles précises une façon de filmer. Je reviendrait plus en détail sur ce Dogme dans quelques instants.

Von Trier cherche fréquemment à réinterpréter des genres très codifiés tels que la comédie musicale « Dancer in the Dark », le film noir « The element of crime » ou le film d’épouvante « l’Hôpital et ses fantômes », en leur imprimant un style très personnel qui donne une grande place à la caméra portée.

Depuis le début de sa carrière, il adopte régulièrement une attitude polémique ou provocatrice, soit dans ses films soit dans ses interviews. Dès son premier long métrage, Element of crime(1984), il déclare: «J’espère de tout cœur que le film sera vu comme immoral. Je ne tiens pas à contenter les gens, je veux qu’ils prennent position».

Puis lors du Festival de Canne en 2011, il multiplie les provocations, à l’occasion de la projection de son film Melancholia. Lors du «photocall», il commence par tendre son poing droit où il s’est fait tatouer le mot «FUCK». Ensuite, lors de la conférence de presse, il affirme entre autres son intention de faire un film pornographique de 3 ou 4 heures avec Kirsten Dunst et Charlotte Gainsbourg sur requête de ces dernières, vous cibler un peut le personnage là?!

Et maintenant je voudrais aborder plus en détail la manière dont à été tourné le film, sous le Dogme 95. Les films «dogmatiques» selon ce mouvement répondent à un style de réalisation épuré, simplifié: pas ou peu de montage, avec des prises de son en direct, et filmé caméra sur épaule. Son style et ses thématiques sont parfois influencés par les maîtres de l’école scandinave, Dreyer et Bergman, ainsi que par le réalisateur soviétique Tarkovski.
Le manifeste du Dogme95, écrit à Copenhague par Lars Von Trier et Thomas Vinterberg, est daté du 13 mars 1995 mais il sera proclamé officiellement et publiquement le 20 mars 1995 au théâtre der l’Odéon à Paris, dans le cadre d’une rencontre sur le centenaire du cinéma.
Le Dogme95 est lancé en réaction aux superproductions anglo-saxonnes et à l’utilisation abusive d’artifices et d’effet spéciaux donnant du coup des produits formatés, jugés anodins et impersonnels. Le but du Dogme est de revenir à une sobriété formelle plus expressive, plus originale et ainsi être capable d’exprimer les enjeux artistiques contemporains. Dénudé de tout atrait esthétique et en prise avec un réel direct, les films qui en ressorte donnent un style vif, nerveux, brutal et surtout, réaliste, généralement tourner avec une caméra 35mm portée au poing ou à l’épaule et avec improvisation de plusieurs scènes.
Les promoteurs du Dogme, n’appliqueront jamais totalement ces principes, en particulier le dixième, ( qui est que le réalisateur ne doit pas être crédité) mais tenteront de s’en approcher le plus possible. Un label « officiel » marque les films répondant suffisamment aux critères du manifeste.

Pour finir avec ce sujet de réalisation voici, Le Vœu de chasteté du Dogme95 écrit par Lars Von Trier et Thomas Vinterberg.
1. Le tournage doit être fait sur place. Les accessoires et les décors ne doivent pas être amenés (si on a besoin d’un accessoire particulier pour l’histoire, il fait choisir un endroit où cet accessoire est présent).
2. Le son ne doit jamais être réalisé à part pour des images, et inversement (ce qui veut dire qu’aucune musique ne doit être utilisée à moins qu’elle ne soit jouée pendant que la scène est filmée). C’est pourquoi par rapport à ce point les tapis de cette rubrique que vous entendez ne sont pas du film, car il n y a pas de musique dans c efilm, eh oui. C’est pourquoi j’ai fait une sélection de grand classique de film et d’autres
3. La caméra doit être portée à la main. Tout mouvement, ou non-mouvement possible avec la main est autorisé. (Le film ne doit pas se dérouler là où la caméra se trouve; le tournage doit se faire là où le film se déroule).
4. Le film doit être en couleurs. Un éclairage spécial n’est pas acceptable. (S’il n’y a pas assez de lumière, la scène doit être coupée, ou une simple lampe peut être attachée à la caméra).
5. Tout traitement optique ou filtre est interdit.
6. Le film ne doit pas contenir d’action de façon superficielle. (Donc les meurtres, les armes, etc. ne doivent pas apparaître).
7. Les détournements temporels et géographiques sont interdits. (C’est-à-dire que le film se déroule ici et maintenant).
8. Les films de genre ne sont pas acceptables.
9. Le format de la pellicule doit être au format académique soit en 35mm.
Et enfin
10. Comme je vous en ai déjà parlé le réalisateur ne doit pas être crédité.

Pour terminer
La violence du film a un spectre bien plus large que ce qu’on voudrait croire au début. C’est une violence qui se retourne contre l’humain. C’est une expérience qui naît sous nos yeux puis s’autodétruit. Il y a l’engouement assez primaire des premières scènes, l’ambiguïté des suivantes, puis la mise à mort des dernières. D’ailleurs a scène de fin et d’une véritable puissance! Ce film osé repose avant tout sur les acteurs qui sont justes géniaux. A voir pour comprendre. L’oeuvre est perverse sans conteste mais au combien réfléchie sous son masque de grotesque.
Emotionnellement, rarement un film aura fait ressentir autant de sentiments opposés au spectateur, qui peut passer du rire à la gêne puis au malaise intenable dans la même scène. Un revirement complet en terme de cinématographie…si votre cerveau peut le supporter, c’est à ne pas manquer!

« Les idiots », donc, amènent obligatoirement, pour peu que l’on se laisse prendre au jeu, à de profonde réflexions, sur le détachement, la réalisation de soi, l’art et la société moderne et nous conduit à reconsidérer, réanalyser nos propres valeurs morales et notre rapport intime à la société, comme plus aucun film ne nous en laisse la possibilité aujourd’hui. Lars Von Trier nous fait nous questionner en touchant là où çà fait mal et ne cherche nullement à caresser les idées reçue dans le sens du poil, réalisant ainsi un film totalement subversif.

c’est pas chic, mais qu’est-ce que c’est choc! NON?!

Pour terminer cette rubrique, voici venu le temps des rires et des chants, non je rigole, voici venu le temps de répondre à ma question pour gagner deux billets de cinéma
De quelle origine est le film? Danois

CINEMA CHOC « IREVERSSIBLE »

Aujourd’hui on parle d’un film français écrit, dirigé et réalisé par Gaspar Noé, sorti en 2002. Un autre film choc et pas des moindres.
C’est renversant, bouleversant et surtout irréversible, c’est le titre du film d’aujourd’hui.
C’est l’histoire d’un couple, d’une agression, d’un viol et de vengeance. Sont en scène dans ce film, La belle Monica Belluci, Vincent Cassel et enfin Albert Dupontel.
Le réalisateur nous donne ici une approche hallucinante du cinéma, un genre nouveau à nous mettre la tête dans tout ses états, les pires qu’ils soient. Le film nous donne le tourni, la nausée et de sacrées sueurs froides. Pourquoi hallucinant et renversant? C’est que le film commence par la fin de l’histoire et fini par le début. Je vais donc essayer de vous parler du film sans pour autant tout vous dévoiler, mais attention je vous préviens, il va falloir avoir l’estomac parfaitement accroché, car rarement un film n’aura provoqué autant de réactions et d’interprétations contradictoires de la part du public, des médias et des critiques de cinéma à la sortie de ‘Irréversible’.

Gaspard Noé prend un acte, que le lecteur survole habituellement du regard dans le journal du matin comme un « fait divers » rendu par les médias d’une extrême banalité, distancé et dépersonnalisé à l’extrême, et adopte ici une démarche complètement inverse de celle des médias, en nous montrant toute l’ignominie, toute la cruauté, et ses conséquences destructives et sauvages sur l’entourage de la victime. Pour y arriver il va user de tout les moyens. Cette démarche dangereuse et peu compréhensible sans un certain recul au préalable est sans doute la cause du rejet en bloc et de l’incompréhension du film par une partie du grand public. Il faut en effet traverser une heure excessivement difficile et éprouvante avant de comprendre peu à peu la démarche et le message.
Comme je vous le disais en début de chronique, le film est monté de sorte qu’il débute par la fin de l’histoire. Chaque scène est donc présentée en ordre décronologique. Ainsi toutes les séquences qui suivent et qui durent environ une dizaine de minutes, racontent ce qui s’est passé précédemment. Le film se termine sur le début de l’histoire.

Tout commence par un faux-générique de fin habilement déroulé à l’envers. Gaspar Noé reprend le principe de Memento de Christopher Nolan et raconte son récit non pas par une chronologie simple ou des flash-backs éclaircissant les faits mais en remontant peu à peu le temps, passant de la folie au calme, de la haine à l’amour, de l’enfer au paradis. Ce dispositif narratif n’est pas une astuce scénaristique. Il change simplement la perception des personnes et du propos.
La première demie-heure plonge le spectateur dans le chaos. La caméra semble insaisissable, fixe la lumière, les murs, scrute le moindre personnage. On est transformé en un papillon de nuit qui recherche systématiquement la lumière. La musique Silent Hillienne , de Thomas Bangalter, une moitié de Daft Punk, et l’incroyable travail sur le son, provoque l’hypnose. Ces trente premières minutes sont accompagnées d’un bruit de fond d’une fréquence de 28 Hz (basse fréquence proche d’un infrason), difficilement audible mais pouvant être ressenti à travers la cage thoracique.
Pour les humains, ces bruits à basse fréquence peuvent provoquer nausées et vertiges, bien qu’il n y ai pas que ces sons qui provoquent ça, car moi sans home cinéma et un mauvais son à la maison, et bien plus loin, que les 30 1ères minutes j’ai quand même ressenti tout ça! (vous vous souviendrez longtemps des bruits de sirène accompagnant la scène dans la boîte de nuit que vous pouvez entendre en fond maintenant). Le cœur renversé, les repères bouleversés, on guette le moindre moment de calme, pris dans une tourbillon de bruits, d’images et d’odeurs.

Enfin la caméra se calme. On accompagne Marcus et Pierre dans les back-stage d’une boîte homo, Le Rectum. Marcus cherche un homme avec visiblement des intentions très agressives. Pourquoi ? Gaspar Noé, en inversant la chronologie, transforme profondément le sens du film. Sans connaître le but de la vengeance, celle-ci paraît disproportionnée et animale. Cette 1ère scène, celle du meurtre, c’est Pierre qui se saisit alors d’un extincteur. Le passage est d’une violence inouïe, le travail sur le son est terrifiant. Chaque coup d’extincteur est une détonation. Peu à peu le visage de l’homme frappé est réduit en bouillie. Albert Dupontel est incroyable dans ce passage. Son regard n’exalte aucune haine, juste du soulagement et du désespoir.

Plusieurs retour en arrière, puis le spectateur est assommé à nouveau, sonné. Un viol est évoqué. Gaspar Noé filme la réalité dans sa durée. Sans aucun mouvement de caméra ni ajout de musique, il nous montre donc un viol dans toute son horreur. Cette scène fut pour ma part insoutenable. Gaspard Noé impose son idée, sa vision, et le spectateur subit le film plus qu’il ne le regarde. A l’image du viol physique d’Alex, le personnage interprété par Monica Belluci, le spectateur impuissant subit un viol psychologique à la condition bien sûr de résister à l’envie oppressante de quitter son siège ou de zapper (dans le cas du DVD).mais en aucun cas le filmage de la scène n’est complaisant. Et c’est justement après cette scène que le procédé narratif devient non plus une astuce narrative mais un coup de génie. Irréversible n’est pas un film sur la vengeance après un viol sordide, mais un long-métrage sur le bonheur avant un événement horrible. Tout semble écrit à l’avance. Le temps détruit tout. Gaspar Noé ne glamourise pas la recherche du violeur. Bien au contraire, il montre un engrenage. La violence appelle la violence. Œil pour œil, dent pour dent. La vengeance est un droit de l’homme. Pourquoi ? Car pour Gaspar Noé, l’homme, au contraire de la femme, est un être impulsif, secoué de pulsions violentes, en résumé un animal.

Le trio d’acteur est formidable et ils sont plus vrai que nature. L’improvisation des scènes confère à Irréversible une hyper-réalité parfois maladroite, toujours touchante. Vincent Cassel en chien fou enragé fait peur, Albert Dupontel en bombe à retardement est époustouflant et Monica Belluci… et bien on pleure pour elle. Puis l’amour évident entre Monica Bellucci et Vincent Cassel accentue aussi le réalisme des scènes intimes qui atteignent ainsi une vérité, la Vérité. Albert Dupontel en ex-amoureux réfléchi qui se contient, qui pense d’abord au bonheur d’autrui avant de finalement lui-aussi céder à sa pulsion animale, livre une composition étonnante.
Côté musique comme je vous le disais c’est signé Thomas Bangalter, Daft Punk, on reconnait bien ici sa patte et cela donne la touche en plus au film, extrait

Qu’on le prenne pour un pervers ou un manipulateur, Noé n’en est pas moins un virtuose. Il utilise l’art du mensonge non pas pour atténuer ou faire oublier le réel mais pour l’amplifier. Du coup en sortant de la salle, la réalité est un soulagement.
Ce décalage dans la perception des faits donne toute sa force au film. Il rend insoutenables les deux scènes de violence physique comme il ajoute un côté déchirant aux moments de bonheur devenus impossibles.
Le deuxième film de Gaspar Noé est un objet cinématographique non identifié, une bombe sensorielle et formelle, un film unique qui prend au tripes jusqu’à l’écœurement et la nausée. Ce vrai choc tellurique aux effets durables et persistants est un film incroyablement maîtrisé avec une esthétique et un message sombre et pessimiste, soutenu de sons et d’images bouleversantes. Irréversible, bêtement critiqué par certaines presses est une ode à la féminité avant d’être une simple histoire de vengeance, une œuvre responsable et réfléchie.
La naration inversée choisie délibérément par le réalisateur de ‘Irréversible’ retire au public une libération, cet exutoire. En imposant chronologiquement l’acte de vengeance avant le viol d’Alex, Gaspard Noé annihile le crescendo dramaturgique auquel le spectateur est confronté habituellement et lui refuse cet exutoire libérateur d’où un malaise, un rejet violent extrêmement naturel de la part des spectateurs et ce fut sans doute la réaction recherchée par Noé.
Avec Seul contre tous, Noé avait déjà frappé l’imagination avec un étonnant travail sur le cadrage et l’usage d’une voix-off hallucinatoire. Pour Irréversible, il déploie sa science du plan-séquence. Admirateur de Stanley Kubrick, il reprend-là l’une des idées du maître décédé. A son sujet, sa forme.
Irréversible convoque aussi Lars Von Trier, Hanecke, Peter Tcherkassky et Hou Hsiao-Hsien :

Ce qu’il faut savoir sur ce film, c’est qu’il fut présenté à Cannes lors du festival en 2002, et ce fut l’un des films les plus controversés de cette année, entraînant la France dans un débat extrêmement passionné, avec les deux scène hyper explicites, réalistes et violentes. Durant la projection, plus d’une vingtaine de personnes ont fait des malaises, nausée, étourdissement etc… et sur les 2400 places dans la salle, 200 personnes sont sorties avant la fin du film. Je dois dire que je me suis fait beaucoup de mal en regardant ce film, mais je suis contente de l’avoir regarder jusqu’au bout, et je dis dommage à ceux qui n’ont pas vu la fin, qui n’est autre que le début de l’histoire et de ce fait se termine sur une note de joie de calme et de bonheur, ouf…. on respire… un peut

Oui Irréversible Foudroyant, impitoyable, pervers Incandescent. Insupportable. Incroyable. Inimaginable. Irracontable . Insoutenable
Ce film ne manque pas d’adjectifs pour le décrire, des bonnes et des mauvaises critiques pas toujours très constructives pour ces dernières, je pense qu’il faut le voir et l’apprécier… ou pas.
On ne peut tout simplement pas regarder ‘Irréversible’ à répétition à moins d’avoir clairement quelque chose qui cloche ou bien d’avoir envie d’analyser son fonctionnement.
Rarement un film n’aura provoqué autant de réactions et d’interprétations contradictoires de la part du public, des médias et des critiques de cinéma à sa sortie.

Parce que le temps détruit tout, parce que certains acte sont irréparables, parce que l’homme est un animal, parce que le désir de vengeance est une pulsion naturelle, parce que la perte de l’être aimé détruit comme la foudre, parce que l’amour est source de vie, parce que toute histoire s’écrit avec du sperme et du sang, parce que les prémonitions ne changent pas le cour des choses, parce que le temps révèle tout, le pire et le meilleur.
‘Irréversible’ n’est pas un beau film, c’est une expérience douloureuse et exténuante dont on ressort traumatisé, bouleversé, dégoûté et dont les images vous hanteront longtemps après… mais on en ressort également avec une incroyable pulsion de vie !

c’est pas chic, mais qu’est-ce que c’est choc! NON?!

Bravo à Sandrine Zahno qui a remporté deux billets de cinéma au Royal en répondant à la question du jour.
Qui signe la musique du film? Thomas Bangalter, une moitié de Daft Punk

CINEMA CHOC « C’EST ARRIVE PRES DE CHEZ VOUS »

Lorsque le projet Blair Witch est sortit en salles en 1999, il a fait prendre de panique l’ensemble des cinéphiles par l’habile amalgame de documentaire et fiction que proposait ce film, prétendant être un document véridique trouvé au fin fond des bois. Blair Witch fut une belle réussite en son genre, mais contrairement à une croyance populaire, il fut loin d’être le premier en son type. Car, le monde du film noir belge (et même international) a pris une sacrée claque dans la gueule en 1992 lors de la sortie de « C’est arrivé près de chez vous ». Réaliser par Rémy Belvaux, André Bonzel et Benoît Poelvoorde, Un pur délice antimédias, zigzaguant aux frontières de la morale, sombre à faire peur, cruel, dégueulasse, à mourir de rire.
C’est arrivé près de chez vous raconte l’histoire d’une équipe de journalistes qui font un reportage sur un homme dont le travail est de tuer, oui oui j’ai bien dis de tuer des gens. On le suis donc tout on long du film dans sa vie professionnelle. Meurtre, violence et humour noir se succèdent pour le plaisir ou pas du spectateur.

Apparemment j’ai entendu dire qu’il faut être fondamentalement Belge pour pouvoir apprécier ce film. D’après eux il faudrait voir ce film comme une comédie, voire une parodie, de Strip-Tease, documentaires belges diffusé sur la RTBF, d’un genre nouveau dans lesquels les journalistes s’effacent pour laisser parler les protagonistes seuls et les mettre à nu, si l’on a jamais vu cette formidable émission, on ne peut apprécier le film. Ces reportages socio-dérangeants, pour ceux qui ne les situeraient pas, ont été tourné chez de vrais gens, de vrais Belges, à qui il arrive de vrais problèmes. C’est formidable ! La petitesse d’esprit et la connerie nous entoure. Même si l’on est petit, laid, juif, noir et roux, on se sent bien après ça. Mais que nenni, je connais des gens qui ne sont pas Belge et qui ont adoré ce film.
Si présentement l’acteur Benoît Poelvoorde pur inconnu en 1992 est devenu une superstar en France, il n’en fut pas toujours ainsi et il fut un temps où la présence magnétique de cet acteur fut terrifiante et hautement déstabilisante. Aujourd’hui tout le monde sait qui est Benoit Poelvoorde et connaît ou Le Boulet ou Podium.
Mais si l’on revient à l’époque de la sortie du film, Poelvoorde incarne avec brio son personnage et le maitrise totalement. Sa présence est l’un des principaux attraits du film, car l’acteur y offre sa meilleure performance et il a un talent incroyable pour interpréter l’humour noir tout en restant terrifiant et réaliste.

Met-on nous dans le contexte… Au moment d’une des séquence du film, le tueur invite les reporters faisant un film à son sujet à boire un Petit Grégory. Chacun remplit son verre d’une «larme de gin» et d’une «rivière de tonic», puis y jette « la p’tite victime »: une olive attachée par une ficelle à un morceau de sucre. Le sucre se dissout alors progressivement dans l’alcool, laissant au bout d’un temps plus ou moins long l’olive remonter à la surface. Ce cocktail fait clairement référence à l’affaire Grégory , en 1984. L’olive lestée du sucre symbolise le petit Grégory lesté de pierre (le tueur rappelant ainsi à ses compagnons ses explications données en début de film sur comment trouver le bon poids pour chaque catégorie d’âge si l’on veut plonger des cadavres dans l’eau et éviter de les voir remonter à la surface).

Après ça, le spectateur sait donc immédiatement ce qu’il l’attend pour la suite des évènements.

Comme je vous l’ai dis il y a quelques minutes, ce film met donc en scène une petite équipe de journalistes qui tournent un reportage sur Ben, un homme qui a la particularité de tuer, pour gagner sa vie. Il s’attaque principalement aux personnes de la classe moyenne et aux personnes âgées, préférant «travailler petit, mais que ça rapporte beaucoup». Ce faux documentaire , bien trop exagéré pour qu’il puisse paraître vrai, est dirigé par Rémy (interprété parRémy Belvaux ) qui interroge Ben (Benoît Poelvoorde ) sur sa «vie professionnelle». Mais bien souvent, Rémy se contente d’écouter les monologues-fleuves de celui-ci. Au fil de l’histoire, Rémy devient son ami et ensuite son complice. L’équipe est aussi composée d’un caméraman et d’un preneur de son qui sont assassinés pendant le reportage lors de fusillades entre Ben et des ennemis du milieu. Ben assassine, comme d’autres vont à l’usine: tuer, c’est son métier. Il exécute sans plaisir, sans remords non plus. Commettre un assassinat n’est pas une chose importante à ses yeux. Par exemple, il se plaint des fraudes des chefs de chantiers juste après avoir assassiné un veilleur de nuit Extrait veilleur de nuit(«un veilleur noir, pour qu’on le voie moins la nuit»), ou encore il parle de cinéma après avoir assassiné un homme et sa femme Extrait vieux fusil («Ça ne vous rappelle rien?Le Vieux Fusil ,Philippe Noiret … bon film ça») .Ben est aussi poète. Il improvise par exemple un poème sur les pigeons en pleine fusillade Extrait pigeon(«Pigeon, oiseau à la grise robe / Dans l’enfer des villes / À mon regard tu te dérobes / Tu es vraiment le plus agile») et un autre poème sur la mer du Nord au restaurant (inspiré de la chanson de Jaques Brel Le Plat Pays ) . Il semble cultivé, principalement concernant l’art et le cinéma, et a son mot à dire sur tout: A propos des logements sociaux par exemple: Extrait Briques rouges «Qu’est-ce qui te choque la première fois que tu vois ça? La première chose qui te saute aux yeux? Les briques! C’est les briques rouges! Mais le rouge, c’est la couleur de quoi? Le rouge, c’est la couleur du sang, le rouge, c’est la couleur des Indiens, c’est la couleur de la violence!». Chez Ben transparaissent racisme et homophobie, manifestés avec une grande candeur Extrait Japon défaut(«…typiquement dans l’esprit des jardins japonais, parce que ces gens-là, malgré tous leurs défauts, avaient compris beaucoup de choses!»;

Accusé à l’époque de sa sortie, de n’être qu’un autre prétexte pour montrer de la violence au cinéma (souvenons-nous que la même année est sorti sur les écrans américains le premier Tarantino),C’est arrivé près de chez vous est un film beaucoup plus profond qu’il puisse y paraitre. Déjà, simplement dans la violence, ces meurtres que commet le tueur sont de moins en moins drôles et finissent par frapper un point où tout ce qui paraissait amusant en premier lieu devient un spectacle horrifiant qui glace le sang. Derrière tout ce sang et ces assassinats gratuits, on y trouve surtout un film sur le cinéma qui plonge le spectateur au sein de l’équipe, le transformant en caméraman et suivant les aventures de ses collègues qui tentent de créer un film, mais dont le manque de financement pousse le terrifiant assassin à devenir un producteur. Bref, un film qui traduit une certaine réalité car le trio de réalisateurs belges n’avait absolument pas d’argent. C’est pourquoi le film a été tourné en noir et blanc et en 16mm, que beaucoup d’acteurs ont joué gratuitement et que toute la famille de Benoît Poelvoorde s’incarne elle-même, n’étant pas prévenue du sujet du pseudo documentaire. Même la mère de Benoit croyait réellement à un vrai documentaire sur son fils. Leur authenticité aide largement le film, en particulier dans leurs moments plus émouvants.



C’est arrivé près de chez vous n’arrive cependant pas à se trouver une ligne directrice assez définie, ce qui en résulte, un film confus qui se cherche constamment. Une intrigue secondaire semble soudainement apparaitre vers la fin du film, pour des raisons que l’on ignore totalement et le film se termine de façon très brusque, comme si les trois Belges avaient abandonné leur personnage.

A savoir en plus, que la première version était à l’origine le film de fin d’études de Rémy Belvaux à l’INSAS , école belge de cinéma. Des séquences supplémentaires ont du être tournées par la suite pour allonger sa durée et rendre possible une sortie en salle.
La scène du viol (où les protagonistes débarquent en pleine nuit violer une pauvre femme avant de la tuer ainsi que son mari, tout en chantant gaiement «C’est la ronde de nuit!»), filmée crûment et sans tabou, a été coupée dans plusieurs versions exportées, afin d’éviter la censure.
L’affiche originale montrait une tétine qui giclait une flaque de sang. Sur l’affiche française la tétine a été remplacée par un dentier. Actuellement l’affiche originale n’est plus censurée, elle est devenue la jaquette du DVD.


Ce qui choc outre mesure c’est que le film a inspiré « Le tueur fou de Mouscouron » en 1992. Un jeune homme avait alors semé la terreur dans la ville pendant plusieurs semaines en tirant au hasard sur des personnes, et en blessant plusieurs, dont une mortellement. Il avait entre autres tiré sur une dame qui habitait la maison qui a servi de décor dans la scène où le personnage principal abat toute une famille dans le film. Il a été prouvé au cours de l’enquête que le jeune homme n’avait finalement pas regardé ce film, et que c’est fortuitement qu’il aurait tiré sur cette maison qui a servi de lieu de tournage.
Pour conclure, Par delà les dialogues du film, les scènes toutes aussi marquantes les unes que les autres, l’humour noir, et la légèreté apparente des personnages on peut entrevoir une réflexion sur le voyeurisme, la manipulation des images, et la complaisance des équipes de tournage, ce fameux «Man Bites Dog» (pour son titre américain) est un film indéniablement culte et l’un des meilleurs provenant de la Belgique. Bien qu’imparfait pour son scénario, Benoît Poelvoorde compense largement aux lacunes! Pour un premier véritable film, le trio aura marqué le cinéma européen des années 90 à jamais en créant une oeuvre qui ne cesse de faire de nouveaux adeptes, un exploit fortement louable! Du grand art!
c’est pas chic, mais qu’est-ce que c’est choc! NON?!

Bravo à Jocelyne Pernet qui a gagné 2 billet de cinéma au Royal en répondant à la question du jour:
En quelle année est sortit ce film? 1992