Rubrique Cinéma Japonais 19 février 2011

Les Films D’aujourd’hui
Princesse Monoké de Miyazaki

httpv://www.youtube.com/watch?v=U0YjjJwwFd8

Mon Voisin Totoro de Miyazaki

httpv://www.youtube.com/watch?v=pp9PDj_zb1k

Vaaaaaste sujet que le bon cinéma japonais… Parce que l’art cinématographique nippon est aussi riche qu’il est varié et ne peut être placé sous aucun autre signe que la qualité, bien qu’il puisse aussi enfanter, c’est vrai, de mémorables daubes… Mais des grands maîtres aux noms mythiques tel que Immamura, Kitano, Miyazaki, Miike j’en passe et des meilleurs doivent forcément errer dans un coin de votre tête, vous avez dû en entendre parler une fois ou l’autre! Non? Alors je vais vous aider… La sélection n’a pas été évidente… J’ai fait mon choix dans le cinéma japonais «contemporain» donc, ouf, pas de vieux film en noir et blanc, pas non plus de série B de Ninja douteux. Que du bon, que du select. Si vous ne voulez voir que 9 films japonais dans votre vie, suivez ma chronique toute la semaine, je vous rencarde, et c’est gratuit!

On entre dans le vif du sujet avec du film d’animation. Alors oui, les mangas tout le monde sait que c’est les japonais qui déchirent avec ce créneau… Sauf que c’est pas le sujet. Moi je vous parle de cinéma: et côté long-métrages, il y a un nom à connaître: Ghibli.

Ghibli c’est quoi? C’est le Disney asiatique. Un studio d’animation où foisonnent les talents aux yeux bridés, et qui milite pour des œuvres en 2D de qualité technique irréprochable, faits à l’ancienne, c’est-à-dire «à la main», dont le contenu scénaristique doit toucher aussi bien les jeunes enfants que les adultes.

Ces Studios ont été créés en 1985 par Hayao Miyasaki et un ami à lui, Isao Takahata.

Miyasaki, vous connaissez sans doute de nom, c’est à qui l’on doit Nausicaa (son premier long métrage), Kiki la petite sorcière, Mon voisin Totoro, Princesse Mononoké, Le voyage de Chihiro, Le château ambulant ou encore Ponyo sur la falaise pour n’en citer que quelques-uns.

Mais attention tout ce qui est estampillé «Ghibli» ne vient pas forcément de la main du maître, et beaucoup de spectateurs d’ailleurs, encore aujourd’hui, se méprennent. Par exemple, Pompoko, c’est pas lui, c’est Isao Takahata, et Les Contes de Terre et mer, c’est pas lui, c’est Goro Miyazaki, Le tombeau des lucioles non plus, c’est pas lui, c’est Isao Takahata! Mais Monsieur Hayao n’est jamais très loin, c’est souvent lui qui souffle une idée, et parfois, qui écrit le scénario. Car le studio Ghibli, depuis ses débuts, soutient de plus jeunes auteurs et produit quantité d’œuvres de différents réalisateurs. On a tendance à mettre tout dans le panier Miyasaki, car les dessins semblent sortis du même catalogue et les histoires, toujours riches et originales, ont l’empreinte éthique qui s’y rapporte. En l’occurrence, c’est l’éthique d’un Studio, tout comme Disney quoi, et Disney n’aligne pas toujours les mêmes réalisateurs à ses créations. Ben non. En fait, c’est même pas de votre faute si vous confondez, car commercialement, c’est vachement vendeur d’écrire sur l’affiche Hayao Miyasaki en grand, en tout petit ce sera écrit «sur une idée de», et le nom du vrai réalisateur est juste oublié par le graphiste… oups…

Mais bon voilà, quiproquo levé, il vous faut donc savoir que les studios Ghibli, au Japon, c’est désormais un véritable phénomène! On ne compte plus à quels points les produits dérivés et les personnages créés par le studio ont envahi l’imaginaire collectif japonais. A l’instar d’un parc d’attraction comme chez les américains pour Mickey et compagnie, il existe un musée Ghibli, incontournable pour tout ceux, petits et grands, que l’univers richissime de la compagnie japonaise fait rêver depuis maintenant plus de 25 ans.

Totoro, qui est quand même l’emblème du Studio, ou la rencontre extraordinaire de deux petites filles avec un gros nounours tout doux, esprit protecteur de la forêt, une créature fascinante qui peut voler, et qui a plus d’un tour dans son sac! Un film sorti en 1988 (ça ne nous rajeunit pas…) qui présente le Japon tel qu’il était dans les années 50, avec des paysages verdoyants à perte de vue, ou quand la nature et l’homme était encore en harmonie…

Un des films les plus emblématiques des Studios Ghibli, Mon voisin Totoro est en quasi-totalité descriptif, avec très peu d’intrigue ou de suspense: l’histoire est simple mais bourrée de symboles sacrés au Japon. Et incroyable mais vrai: même si on cherche bien, on ne trouvera dans ce film ni violence ni grossièreté, ni méchants. Totoro, c’est tout simplement un poème…

Dans une esthétique parfaite, chaque plan a été écrit comme un hymne à la nature. D’ailleurs on note dans beaucoup de films produits par le studio, une valorisation des principes de l’écologie et une intarissable volonté de voir l’homme et la nature vivre en harmonie… Un autre exemple de ce point fort: le film Princesse Mononoké, en français «la princesse aux esprits vengeurs». Sorti en 1997, ce film, ce conte, que dis-je, cette quête écologique est un grand film épique, une ode à la conscience sur fond de japon médiéval. Un pur moment de divertissement qui fait franchement du bien aux neurones, où l’on rencontre un dieu sanglier malade, un dieu cerf, Mononoke, une jeune fille sauvage élevée par des loups, Dame Eboshi, la méchante forgeronne, et Ashitaka, le jeune héros aussi beau que courageux…

Alors bon. C’est un chefs-d’œuvre, que quelqu’un ose dire le contraire… Le film a monopolisé l’ensemble des Studios Ghibli pendant trois ans! Son succès fut tel, battant à l’époque des records de fréquentation au Japon, que Miyazaki, qui voulait prendre sa petite retraite tranquille, changea d’avis et décida de mettre en chantier le Voyage de Chihiro qui fut le succès et l’œuvre que l’on connait. Merci Miyasaki!

Presque 10 ans après Totoro, on reste sur le thème de l’environnement, sauf que cette fois, Miyasaki décide de changer l’image gentillette et idyllique de l’humain face à la nature. Finit le temps de l’harmonie, voici le temps du combat!!! Alors oui, Mononoké est un film plus sérieux et plus complexe que les précédents films du même auteur, il est plus réaliste, et en tire sa dimension captivante, voire additive!

Oui, parce que, sachez que même si vous n’êtes pas particulièrement friands de dessins animés, en fait même si vous détestez ça, et même si vous haïssez le cinéma en général au point que la simple vue d’une affiche de film vous donne envie de vous arracher les dents une à une à la tenaille, vous allez aaaadooooooorer Princesse Mononoké. Ce film, c’est du pur génie, un régal.

Mais un régal qui n’est pas à mettre tout de suite devant les yeux de nos petits chérubins car il comporte sa dose de violence, qui bien que jamais gratuite, mérite tout de même de les laisser grandir un peu avant de leur proposer ce film…

Voilà, Princesse Mononoké. Plus culte et indispensable que ça, on trouve toujours mais faut bien chercher…

Alors pour récapituler, vous connaissez maintenant LE meilleur studio d’animation, LE réalisateur culte du genre, et LES films indispensables à votre dvdthèque! Chers parents, si vous cherchez une alternative aux mièvreries sans fin de Walt Disney, vous frappez à la bonne porte, chez Ghibli, le contenu du catalogue est intelligent, instructif et drôle, il y a de quoi faire… Prochaine sortie au cinéma: Arrietty, de Hiromasa Yonebayashi, avec des tout petits personnages qui vivent sous le plancher d’une vieille maison – un peu comme les minipouces – mais il faudra attendre cet été pour le voir! A moins d’avoir la chance de gagner un billet de cinéma tout au long de cette semaine, en écoutant la rubrique et répondant à la question du concours…

Dame Ginette