Rubrique Cinéma BD

« 300 »

Pour le quatrième volet de ma série j’ai choisi 300 un péplum américano-britanique coécrit et réalisé par Zack Snyder, sorti en 2006. Avec Gérard Butler, Rodrigo Santoro et Lena Headey qu’on peut voir jouer dans la fabuleuse série Game of Thrones.

Ce film est Tiré du roman graphique de Frank Miler et Lynn Varley, originellement publiée par Dark Horse Comics en 1998, oui ce sera la BD la plus jeune de ma série pour cette rubrique.

300 dépeint la Bataille des Thermopyles en -480 menée par le roi de Sparte, Léonidas, accompagné de ses 300 garde personnelle. La série s’inspire d’un célèbre événement historique ayant opposé les Grecs à l’invasion perse.

Il faut savoir que dans les semaines qui ont précédé et suivi sa sortie, le film a soulevé une polémique portant sur la représentation des Perses dans le contexte international des tensions entre les Etats-Unis et l’Iran. Je vous en reparlerais un peut plus tard. Malgré cette controverse et des critiques partagés, le film a été un énorme succès commercial qui a rapporté plus de 450 millions dans le monde entier avec un budget de 65’000’000′ de dollars

BANDE ANNONCE

Léonidas joué par Gérard Butler, est devenu roi de Sparte après avoir suivi depuis tout jeune les épreuves rituelles spartiates dont il a triomphé. Mais vous allez me dire, qu’est ce c’est que c’est que les rituelles spartiates?

Léonidas apprend d’un messager Perse que le roi Xerxès, interprété par Rodrigo Santoro a entrepris de soumettre l’insolente contrée grecque et déferle vers Sparte et Athène à la tête d’un million de guerriers mais bien évidemment il refuse de négocier un quelconque arrangement, les Spartiates ne renonçant jamais. C’est donc contre l’avis des éphores, villes créatures hideuses, repoussantes et lubriques, aux visages couvert de pustule, corrompus par l’or perse, que seul ces Grecs, ces 300 et leur roi se dressent devant eux et partent à leur rencontre. Ils s’apprêtent à marquer l’histoire et devenir des légendes! Léonidas est rejoint sur la route par Daxos et ses Arcadiens. Il choisit de combattre l’armée perse dans le passage étroit et rocheux des Thermopyles. Il refuse d’enrôler Ephialtès, un Spartiate exilé, car celui-ci, bossu, ne peut lever convenablement son bouclier à cause de son handicap. Oui, il faut le savoir, dès leur naissance, les spartiates sont examinés sous tout les angles, afin de déterminer si ils seront, ou pas, un soldat digne de ce nom. On gardait seulement les enfants. Dans le cas contraire, on les jetait dans une fosse! Ouai, c’est pas joli joli, je vous l’accorde, mais sachez que l’histoire de 300, n’est pas à l’eau de rose. Alors si le sang et le noir vous font peur, ce film n’est pas pour vous! Autrement, je vous en supplie rester, c’est un film à voir absolument.

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Face à l’armée gigantesque conduite par le roi Xerxès en personne, la résistance est héroïque mais désespérée. Xerxès, frappé par les importantes pertes subies par son armée lors des premiers assauts, tente de gagner Léonidas à sa cause mais essuie un échec. Il envoie alors ses meilleurs guerriers, les Immortels, ceux-ci étant également repoussés par les Spartiates. Mais Éphialtès, meurtri par le refus de Léonidas, révèle à Xerxès l’existence d’un sentier secret qui contourne les Thermopyles. Les Arcadiens battent en retraite en apprenant la nouvelle et Léonidas, conscient que son destin est désormais scellé, envoie Dilios, un de ses guerriers, à Sparte avec ordre de narrer l’histoire du sacrifice de ses camarades.

Pendant ce temps à Sparte, la reine Gorgô, épouse de Léonidas, jouée par Lena Headey, doit faire face aux machinations de Théron, un politicien à la solde des Perses qui cherche à faire destituer Léonidas de son titre pour avoir contrecarré les éphores. Théron fait chanter Gorgô et abuse d’elle en échange de la promesse de son soutien quand elle plaidera la cause de son époux devant le Conseil de la cité. Mais, le moment venu, il l’accuse au contraire d’adultère et Gorgô le poignarde à mort. La dague perce au passage la bourse de Théron, et l’or perse qui en tombe révèle sa trahison.

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Aux Thermopyles, les Perses ont encerclé les Spartiates survivants et Xerxès exige leur soumission. Léonidas feint d’accepter avant de blesser Xerxès à la joue d’un lancer de javelot. Léonidas et ses hommes sont ensuite massacrés. Un an plus tard, Dilios conclut son récit devant une armée de Spartiates, expliquant comment cette résistance valeureuse a touché le moral de l’armée perse et poussé les cités grecques à s’unir, 40’000 Grecs faisant désormais face à 100’000 Perses sur le champ de bataille de Platées.

armée

Zack Snyder a réalisé le film courant 2006. Le film a recours aux mêmes procédés techniques que le film Sin City, adapté lui aussi d’une BD de Franck Miller, avec l’utilisation massive d’image de synthèse. Mais il a également été tourné en grande partie à l’aide de la technique d’incrustation afin de restituer l’imagerie de la bande dessinée. Et je dois dire que le résultat est juste totalement réussi! Ce sont des images à couper le souffle, c’est tout simplement magnifique!

Même si toutes les scènes présentes dans la BD originale sont fidèlement reconstituées sur grand écran, le scénario a été complété de quelques personnages et scènes supplémentaires:

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Dans la BD, Ephialtès, qui finit par trahir les Spartiates et qui est une sorte de monstre difforme dans le film, tente de se suicider lorsque Léonidas refuse de faire de lui un guerrier. Dans le film, la scène fut tournée, mais coupée au montage.

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Toutes les scènes se déroulant à Sparte qui impliquent la reine et montrent les intrigues politiques au sein de la cité ont été ajoutées pour renforcer l’unique rôle féminin.

Puis des éléments fantastiques et divers monstres ont été ajoutés, pour donner un côté plus fantastique au film.

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Le film a presque été entièrement tourné sur fond bleu et vert, aux Ice Storm Studios de Montréal. Seule la scène de chevauchée des messagers au début du film, impossible à réaliser en studio, a été tournée en extérieur.

C’est près de 1’300 effets visuels qui ont été nécessaires, soit une moyenne d’un effet visuel par plan.

Les acteurs ont suivi un entraînement sportif intensif de plus de huit semaines avant le début du tournage, et je dois dire, mesdame, que le coup d’oeil en vaut plus que largement la peine, oui miam, miam, ces guerriers.

Pour les acteurs Gerard Buter et Andrew Pleavin jouent à nouveau ensemble, cinq ans après leur collaboration dans Attila le Hun de Dick Lowry. Gerard Butler avait là encore le rôle principal, tandis qu’Andrew Pleavin interprétait Flavuis Oreste, un fidèle général d’Attila.

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Comme je vous l’ai dit au tout début de ma rubrique, ce film a soulever une grosse polémique et beaucoup de critique et pas forcément positive, même si il en recueille tout de même 60 %. En 2008, le magazine Empire l’a classé à la 337e place dans sa liste des 500 meilleurs films de tous les temps.

En France, les critiques sont totalement divisés, mais je vous ferais part uniquement des positives 😉

Le Figaroscope évoque un défi relevé «avec intelligence et brio»,

L’Ecran fantastique une «adaptation époustouflante de la bande dessinée éponyme»,

Paris Match «une œuvre d’une beauté visuelle à couper le souffle mais d’une violence inouïe »,

Première «un triomphe de direction artistique »,

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Pour ce qui est des critiques iraniennes

Le film, bien que non diffusé en Iran, a soulevé des critiques de la part du gouvernement et des intellectuels Iraniens.

La critique porte sur le travestissement de la réalité, associé à une critique plus politique: celle de tenter de porter atteinte à l’image de l’Iran dans un contexte politique tendu entre ce pays et les États-Unis.

Car, la représentation qui est faite des Perses à la période achéménide est fausse. Cette période est considérée comme un âge d’or dans l’histoire de l’Iran, avec en particulier l’écriture sur le Cylindre de Cyrus de ce qui est considéré comme la première charte des droits de l’homme. Dans le roman graphique dont est inspiré le film, les Perses sont dépeints comme une horde barbare, décadente, opposés aux nobles grecs. De manière générale, le film ne respecte ni les costumes ni les coiffures perses de l’époque achéménide.

xerxes film

D’un point de vue plus politique, Javad Shamghadri, conseiller culturel du président Mahmoud Ahmadinejad, a déclaré que les États-Unis essayaient de modifier la réalité historique afin d’humilier l’Iran, présentant l’empire comme une contrée barbare et stupide.

Le quotidien Ayande No dit dans ses pages que «le film dépeint les Iraniens comme des démons sans culture, sans sentiments et sans humanité, qui ne pensent à rien d’autre qu’à attaquer les autres nations et à tuer», ce que le journal assimile à «un nouvel effort pour discréditer le peuple iranien et sa civilisation vis-à-vis de l’opinion publique internationale à un moment où les menaces américaines contre l’Iran s’intensifient».

D’autres critiques ont été émises sur divers aspects de ce film:

Le journal The Arab American News parle d’«une propagande guerrière irréfléchie»

Ephraim Lytle, professeur d’histoire hellénique à l’Université de Toronto, écrit que «la manière dont le film idéalise sélectivement les Spartiates est troublante», notamment sur les points suivants:

Xerxès est dépeint comme bisexuel

Les Perses sont montrés sous un aspect monstrueux tandis que les Spartiates sont des hommes au physique avantageux. Les Ephores, qui s’opposent à l’action héroïque de Léonidas, sont eux aussi hideux.

L’idéalisation de certains éléments dans le film est également critiquée par Touraj Daryāi, professeur d’histoire antique à l’Université de Californie. Il critique le thème central du film, à savoir l’opposition entre le monde «libre» et «aimant la démocratie», représenté par les Spartiates, et le monde guerrier perse.

 Xerxès en BD

D’autres critiques s’attardent sur l’aspect fascisant du film. Pour Kyle Smith, du New York Post « Le film aurait plu aux Jeunesse hitlériennes ». Dana Stevens, dans Slate, compare 300 au film de propagande national-socialiste Le Juif éternel. Roger Moore, critique de cinéma à l’Orlando Sentinel, considère que le film correspond à la définition que donne Susan Sontag de l’art fasciste.

En réponse à ces critiques, le réalisateur, les producteurs du film et l’auteur de la BD ont souligné que cette adaptation cinématographique n’est qu’une version heroic fantastique de la Bataille des Thermopyles et qu’il n’y avait aucun aspect historique à retenir du film.

Parlons un peut de la BD, à l’origine, elle fut publié de manière périodique sous la forme d’une mini-série. La première partie parut en mai 98. Les 5 parties sont nommées Honneur, Devoir, Gloire, Combat et Victoire.

La série complète a ensuite été publiée en un seul tome en 1999.

Léonidas

Tels que Frank Miller présente les évènements, 300 illustre le paradoxe d’une armée d’élite aux ordres d’un royaume qui, selon nos critères contemporains, fonctionne selon une idéologie totalitaire et intolérante, mais qui refuse de se voir lui-même soumis à l’esclavage d’un envahisseur étranger.

L’empire perse y est présenté comme un peuple fanatique dévoué à son dieu-roi, Xerxès, un homme cruel faisant l’apologie de la soumission et de l’esclavage sans considération pour son peuple.

L’œuvre diverge cependant en de nombreux points avec les faits historiques mais rappelons-le, il s’agit d’une interprétation libre de l’auteur qui ne saurait être prise comme un fait véridique.

Cela dit, Frank Miller assume et revendique ce parti-pris romanesque, il affirme ne pas chercher à jouer le rôle de l’historien, mais celui du conteur : en effet, 300 se veut une épopée, à la manière d’Homère, transcrite au XXe siècle sous forme de bande-dessinée.

En effet, on connaît déjà les penchants de Miller pour la sauvagerie, la noirceur et le clinquant à travers ses œuvres phares connues de tous que sont Sin City, Batman ou encore Ronin.

La musique que vous venez d’entendre est tirée de la Bande son du Film, elle est signée Tyler Bates et je pense que vous l’aurez sentie, cette ambiance profonde et sombre, ça vous prend au tripes et cela ajoute aux images, une atmosphère juste hallucinante.

Avec 300, Miller trouve un matériel qui lui permet de broder une fresque à propos du courage et de l’honneur. Bien entendu, pour se faire, Il va imaginer une bataille antique à sa sauce: Le roi Léonidas devient donc un colosse héroïque dans la force de l’âge, les spartiates portent des capes rouges et des vêtements de cuir laissant saillir leur musculature, Xerxès devient un géant couvert de piercings et les perses amènent un tas de créatures tel que des éléphants pour faire plier les grecs.

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L’ensemble de ces rajouts fantasy donne au final un comics résolument original. Le format du comics permet d’étaler d’immenses planches et donne donc de prodigieuses scènes mais on remarque aussi qu’à certaines occasions le dessin est peu convaincant, trop peu précis, trop sommaire. Au contraire, Lynn Varley à l’encrage est parfait, les couleurs sont sublimes en surlignant le rouge des habits spartiates comme le sang au cours des batailles affichant bien haut les ambitions stylistiques de ce 300.

D’un autre côté, le comics est court et se lit rapidement, il tient en 96 pages, l’histoire est d’une efficacité à toute épreuve.

Franck Miller dresse un portrait rapide du roi, de l’entrée en guerre de Sparte ou encore quelques scènes entre la reine et son mari d’une concision et pourtant d’une justesse qui force le respect. Il donne des scènes marquantes magnifique et même à mourir de rire grâce à l’humour caustique de Léonidas. Cette concision et cette force dans la narration permet à l’œuvre de prendre toute son ampleur et d’en faire une fresque marquante au possible.

Alliant à cette histoire une violence graphique de tous les instants, stylisée dans chaque confrontation entre les spartiates et les guerriers perses, codifiée comme pour en faire un film (Et ça tombe bien….), le lecteur est rapidement happé par le comics. Franck Miller y parle du courage de ces 300 hommes, de l’accomplissement d’un devoir et de la tenue de leur honneur qui permettra au final le ralliement de la Grèce dans son entier pour repousser l’envahisseur. Un souffle épique à nul autre pareil envahit les cases du livre.

Entre sauvagerie, réserve et honneur, Léonidas marque durablement le lecteur s’imposant comme un héros exceptionnel et dont le sacrifice consenti n’a d’égal que son art du combat. En un mot, une légende. Et par ces pages hallucinées et hallucinantes, la bataille des Thermopyles devient le fantasme guerrier ultime, une ode vibrante à l’honneur, au courage et à la liberté.

Si Frank Miller n’a plus rien à prouver au sein du monde du comics, 300 est une fois de plus la preuve indéniable de son talent. Féroce, guerrier, magnifique et tragique, il est l’expression du courage et du sacrifice vu à travers une bataille des Thermopyles, à la fois fantasme et réalité. Et longtemps resteront les mots issus de la plume de Miller dans l’esprit du lecteur qui prendra part à la grande épopée du roi Leonidas.

Pour conclure, vous l’aurez compris, que vous soyez lecteur ou cinéphile, les deux support vallent le détour, donc, Mesdames, c’est à vous que je m’adresse en premier lieu, si le sang ne vous fait pas horreur, laissez-vous emporter dans cette incroyable bataille des Thermopyles, car, il faut bien le dire et ne nous le cachons pas, les acteurs sont tout bonnement, magnifiquement, je dirais même plus, extraordinairement bien bâtis 😉 Alors, comme j’aime bien le dire, il n y a pas de mal à se faire du bien, Non?! Et il n’y a pas que ça bien sûr, Ce film est incroyable, image, montage effets spéciaux et musique, alors dépêchez-vous de vous le procurer et vous m’en direz des nouvelles!

Et si vous aimez et que vous en voulez encore 300 La naissance d’un empire, ça sort tout prochainement en mars.

Pour la réalisation de cette rubrique à la technique Paco

Aux sons El Rordi

Et au micro votre dévouée animatrice

Source: wikipedia

alociné