Nouvelle scène française « Les Hurlements d’Léo »

En 2006 il se passe quelque chose d’inattendu pour les Hurlements, car la tentation de la démultiplication guette, elle harangue son monde pour de plus en plus de collaborations, de projets annexes qui deviennent principaux et a cette période, l’album «Temps suspendu» suspend pour un temps les Hurlements. Plus la même envie, grosse fatigue après dix ans de vie commune, communautaire, communion musicale et personnelle qui use une énergie que l’on croyait inépuisable tellement elle était généreusement distribuée. Le désir s’émousse et «La République du sauvage» sera le chant du cygne de la première aventure des Hurlements. Là encore, c’est une rencontre hors-normes, avec l’Enfance Rouge, un groupe qui refuse même la relative sécurité de l’intermittence et vivent dans le décalage. Coup de foudre humain qui est vécu comme une épiphanie artistique dans laquelle s’engouffrent les huit Bordelais, avec le sentiment de l’urgence. Aucune barrière musicale, une radicalité rock très noire et expérimentale, l’expérience ultime d’un groupe qui jette ses dernières forces dans ce projet avant l’heure du bilan. Réunions, réflexions, discussions : quatre jettent l’éponge, quatre s’accordent une pause, pour voir. Généralement, c’est ainsi que finit un groupe en attendant qu’une vague de nostalgie les fasse reprendre la route vingt ans plus tard.
Le p’tit monsieur en gris Le café des jours heureux 98