CINEMA L’envers du décor « Yes »

Pour ce 4ème film j’ai choisi Un film de Sally Potter « YES » sortit en 2004 avec en tête d’affiche une étonnante Joan Allen ainsi que Simon Abkarian.
Pourquoi ce film et quel rapport avec le « ver » à cause de la poésie. Ce film est essentiellement en anglais et le script écrit en Alexandrins.

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Elle, scientifique américaine, étouffée par son mariage avec Anthony, entame une liaison torride avec Lui, chirurgien de son état et libanais exilé dans la capitale anglaise. Leur passion amoureuse va les mener de Londres à Belfast en passant par Beyrouth et La Havane.

Yes sort des sentiers battus, pour proposer une histoire d’amour douce-amère et très attachante. Au delà des notions des différences de culture, de classe, de genre, émerge la force de l’individu dans sa capacité à s’ouvrir, à se laisser aller, et à s’abandonner. D’excellentes idées, comme par exemple le rôle de fil rouge et d’observatrice tenu par une femme de ménage avec un regard amusé sur ce métier et surtout des dialogues en vers.

 

 

YES est le quatrième long-métrage de l’équipe primée de l’écrivaine réalisatrice Sally Potter et du producteur Christopher Sheppard. Après l’avant-gardiste et bien loué Orlando de 1992, ils ont continué avec La leçon de Tango en 1997 et The Man Who Cried en 2000. Pour Yes ils ont été rejoints par le producteur Andrew Fierberg avec une production complexe qui a été tourné en six semaines seulement à Londres, Belfast, la République dominicaine et à La Havane avec une équipe internationale, qui avaient tous travaillé sur un ou plusieurs films précédents de Sally Potter.

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Sally Potter à commencé à écrire ce film les jours qui ont suivi les attentats du 11 septembre. Elle se demandait en tant que réalisatrice ce qu’elle pouvait raconter comme histoire dans un tel climat de haine et de peur.
Elle commence par une dispute entre deux amants, un homme du Moyen-Orient et une femme de L’Ouest. Arrivé à un point où leur histoire d’amour devient un lieu de guerre, faisant monter à la surface leur différences qui dans certains lieux commencent à jeter une zone d’ombre sur leur intimité. Il décide de mettre fin à leur idylle car il ne peut plus supporter le déséquilibre du pouvoir temporel dans leur relation, ni le défi que donne cette histoire à son identité. Ses croyances et le monde qu’il a laissé derrière lui semble désormais une vocation plus forte que l’amour et le sexe. Tout ce qui l’avait attiré chez cette femme, blonde, américaine, professionnelle lui rappelle tout simplement le seul son de son humiliation et de sa perte.

L’histoire s’ouvre sur grande maison, un couple libre en crise, puis lors d’une soirée de gala, le mari compte fleurette à mille et une donzelle, pendant qu’elle se retrouve seule et malheureuse. C’est là, que Lui arrive et lui dit ce que chaque femme esseulée souhaiterais entendre, « Si j’avais une femme aussi belle que vous, je ne la laisserais jamais seule un instant ». C’est tellement romantique…
C’est là que leur histoire s’entame gentiment, mais magnifiquement avec cette poésie omniprésente.
Puis, comme vous l’aurez compris, il arrive un moment où ça commence à tourné au vinaigre, problème de société de religion d’apparence etc.
Il la repousse au moment même où son mariage semble être irrémédiablement brisé, ce qui augmente son sentiment d’isolement.

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Ces deux personnages, chacun essayant d’écouter l’autre, et chacun voulant être entendu, a constitué la base de l’histoire, qui s’est développée pour inclure d’autres personnages, dont chacun est aux prises avec ses croyances; qu’elle soit religieuse, politique ou – dans le cas de la femme de ménage, une sorte de chœur grec une femme comique qui lève ici le voile, sur la véritable nature de la saleté.
Des remises en questions, mettre sa fierté de côté, ses préoccupations, écouter l’autre, véritablement. Tout au long de ce film on suit le cheminement de ces deux amants, torride et envoutant.
Sans vous dévoiler la fin de l’histoire, je peux vous dire que si vous êtes un peut sensible, vous ne resterez pas de marbre et peut être sortirez-vous vos mouchoir.

Le script en Alexandrins de Sally Potter est sortit d’elle comme un torrent, c’était tout simplement naturel pour elle comme moyen d’exprimer ces mélanges d’idées, amour et religion, guerre et mort, qui auraient pu devenir lourds et didactique dans le langage courant. Peut-être que l’expérience de la réalisatrice en tant que parolière l’a faite écrire de cette façon, comme si le film était une chanson. Ou peut-être que c’était une tentative instinctive de laisser les personnages se parler les uns aux autres à l’écran des choses qui sont difficiles à exprimer dans une conversation normale. Ce qui est sûr c’est que la façon dont elle a écrit ces vers crée dans ce contexte un flux de choses qui les naturalises. Au final la plus part des gens ne se rendent même pas compte que le film est en Alexandrins. Le film est comme un long chant et la musique, tout le monde connait.

Pour que les acteurs se sentent à l’aise avec les rimes, Sally Potter a essayer de les orienter pour que se soit naturel, et ce fût un gros travail en répétition.
Les mots ont été respectées avec précision, mais il y avait une approche irrévérencieuse à l’appareil de sorte que le rythme à la fin de chaque ligne devenait moins perceptible. Potter a fait une ou deux projections privées où les gens ne savaient rien du film et ne remarquaient même pas que c’était en vers. Donc, c’était plutôt intéressant pour elle. Et c’est quelque chose qu’elle aime bien quand les gens ne remarquent pas.

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Concernant la musique c’est très important pour Potter, comme finalement pour beaucoup de réalisateur, vous me direz. Bref pour elle, ça se passe dès l’écriture. Lors du tournage elle ne pensait pas à quel point la musique pouvait soutenir le film, en plus des mélodies des voix. En fait la musique peut être utilisée dans un film comme une forme de dialogue avec l’image plutôt que de la souligner. Il s’agit d’une combinaison assez folle au final, d’Eric Clapton à BB King en passant par Brahms, ce qui est certain c’est que ce qu’ils ont en commun, c’est une musicalité suprême!

La réalisatrice anglaise Sally Potter aime la France et le prouve dans chacun de ses films. « The man who cried » a été tourné en grande partie en France, elle a également participé à »Paris je t’aime », pour lequel elle réalise un court-métrage d’environ 5 minutes se déroulant dans l’un des vingt arrondissements de Paris. Enfin, pour »Yes » elle a fait appel au Français Simon Abkarian, qui fut pour lui, sa première expérience anglo-saxonne.
Elle a plusieurs corde à son arc, outre réalisatrice, elle aussi scénariste, compositrice, metteur en scène, parolière et actrice de cinéma. C’est elle qui compose et produit les titres originaux pour Yes.
Elle accumule les nominations et les prix pour nombreux de ses films.

Lorsque les répétitions du film commencent la guerre en Irak éclate. Potter s’exprime: <>
Le film entièrement réalisé, témoigne ici de l’ingéniosité des producteurs, ainsi que le dévouement et la générosité de la distribution et de l’équipe, qui ont permis de rendre ce film possible grâce à leur investissement. Tout le monde voulait contribuer à ce «YES» face à la destruction et au désespoir de la guerre.

Parlons un peut des acteurs, si vous le voulez bien, le casting est dirigé comme je l’ai déjà dis par une lumineuse Joan Allen et le charismatique Simon Abkarian.

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Elle dans le rôle principale, joue une scientifique américaine passionnée et motivée d’origine irlandaise.
Elle entame sa carrière au théâtre et le public la découvre en 85 à la télévision dans la mini série « Evergreen » avant d’être sur le grand écran dans Compromising position aux côté de Susan Sarandon. Largement sous-estimée pendant des années à Hollywood avant son oscar-tour où elle se voit désignée comme la première dame dans Nixon en 1995. Elle rencontre une carrière remarquable avec plusieurs nominations aux oscars et dans ce film elle tout simplement sublime.
Lui, un Arménien qui a grandi en France et au Liban, joue le second rôle principal, un médecin libanais en exil, qui gagne sa vie en tant que cuisinier. Simon Abkarian a d’abord été connu pour son charisme sur scène dans des rôles de premier plan dans les tragédies grecques avec le Théâtre du Soleil. En 2001, il reçois un Molière pour sa performance dans Une Bête Sur La Lune. YES est son premier grand rôle en anglais dans un film. Et pour sur, ça c’est du Charisme!

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Shirley Henderson, joue ici le rôle d’une femme de ménage, elle est en quelque sorte le fil conducteur de l’histoire et apporte avec sa présence unique une certaine ironie, délicate, et parfois très drôle, contemplant les traces de saleté et de chagrin que nous laissons derrière nous. On remarquera tout au long du film, des femmes de ménages, qui observent, et c’est vraiment marrant. Petit clin d’oeil, qui nous fait dire que se sont des femmes de l’ombre à qui on ne fait pas véritablement attention mais qui sont bien là et qui voient et savent tout.
Elle le dit d’ailleurs dans les premiers instants du film, qu’ils ne réalisent pas, ils croient que nous sommes petits de corps et d’esprit. Hors de la ligne de vision. Invisible, nous opérons notre magie, indivisible.
Nous sommes une masse sans âme, sans droits dont le rôle est de sauver les apparences de leur vie.
« Des artistes cosmétiques » Voilà comment on devrait les appeler, ou consultante en saleté, voir même psychothérapeute de maison.
Shirley Anderson est aimée de plusieurs cinéastes dont Michael Winterbottom, elle a été mémorable comme «Mimi Geignarde» dans Harry Potter et la Chambre des Secrets. Mais on la retrouve aussi dans Trainspoting ou encore le journal de Bridget Jones.

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Sam Neill aborde ici avec subtilité le rôle difficile d’Anthony, un politicien anglais désabusé. Sa brillante carrière s’étend sur une grande variété de rôles et de genres au cinéma, tels que Jurassic Park ou « La leçon de Piano ».

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On peut compter sur Gary Lewis acteur écossais qui a commencé sa carrière dans le début des années 90 pour créer des portraits indélébiles qui reste dans les mémoires du publics comme dans Billy Elliot ou Gangs of New York. Dans Yes il joue brillamment le rôle de Billy, un des trois employés de cuisine dans un grand hôtel.

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Puis pour finir le légendaire Sheila Hancock, un nom connu pour son travail à la télévision britannique est connue pour son intelligence et son humour piquant qu’elle apporte à ses rôles. Elle joue avec passion l’arrière-grand-tante de elle.

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C’est un film qui nous tient tout simplement croché au siège pour autant que vous soyer la moindre romantique, ce qui est sur c’est que vous allez être servi de se côté là, c’est magnifique, cette poésie qu’on retrouve partout, dans les images, dans les gestes des acteurs, dans les mouvements de caméra, la musique, les flots de paroles, c’est tout simplement LE film le plus poétique qu’il m’est été donner de voir. Les mots me manque pour exprimer toute l’émotion qu’il dégage. Audacieux, intelligent, et d’une telle sensualité. Une belle manière de parler des problèmes auquel le monde est confronté, il aurait pu être cynique et dur, mais non c’est tout bonnement un film rempli d’espoir. Si vous avez toujours voulu savoir comment Shakespeare aurait fait s’il avait été un contemporain de nôtre époque, alors encore une fois, n’hésitez pas et suivez mon conseil trouver ce film, installez vous le plus confortablement et apprêtez vous à passer 2h40 de pur romance toutes en vers et enivrant.