CINEMA L’envers du décor « Solution locale pour un désordre global »

Pour ce 5ème film, on va parler encore une fois écologie, eh oui, à mon goût on en parlera jamais assez. Ce film est un documentaire de Colline Serreau, oui encore elle, aujourd’hui je vous parle de Solution locale pour un désordre global, sortit en France en 2010.

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«Les films d’alertes et catastrophistes ça c’est déjà vu. Ils ont eu leur utilité, mais maintenant il faut montrer qu’il existe des solutions, faire entendre les réflexions des philosophes et économistes, qui nous expliquent quoi faire.

Le documentaire de Coline Serreau cherche à aller au delà des documentaires « environnementaux » récents en montrant des solutions en marche. Durant les 3 ans de tournage la réalisatrice y croise tout autour du monde des hommes et des femmes qui mettent à exécution leur propres solutions aux désordres environnementaux.

Pour se faire la réalisatrice s’attache alors à quelques personnages charismatiques, dont on parlera un peut plus tard.

 

 

Contrairement aux films dénonciateurs et provocateurs, la réalisatrice privilégie l’analyse et l’expertise sans jouer la carte des images choc. Avec ce film, Colline Serreau montre qu’il existe partout dans le monde des gens qui, sans se connaître, font la même chose, ont la même philosophie de vie et les mêmes pratiques envers la terre. Mettre à jour cette universalité des solutions, tout autant que leur simplicité, c’était vraiment le but du film. Et c’est vrai, dans le monde entier des solutions durables et rentables existent et ont déjà été mises en place. Bref, une économie plus équitable, c’est possible et même indispensable.

Coline Serreau s’engage depuis toujours pour un monde plus juste et plus humain. La réalisatrice a démarré sa carrière en 76 par un documentaire féministe. Loin d’un effet de mode, l’environnement, l’écologie et la décroissance constituent les fondements de sa personnalité et de son discours. En 96, elle nous invitait déjà à la réflexion écologique et sociale avec La Belle Verte, dont je vous ai parlé il y quelque jours. Solutions locales pour un désordre global est l’un des aboutissements artistiques et intellectuels de son parcours de cinéaste.

C’est lors de ses nombreux voyages que la réalisatrice a eu l’idée de faire un documentaire: Elle a commencé à tourner pour son plus grand plaisir des reportages sur divers sujets, dont un entretien avec Pierre Rabhi agriculteur et phylosophe. En rentrant du Maroc où elle avait filmé quelques-unes de ses actions, elle s’est dit qu’il fallait continuer ce travail et approfondir le sujet dans le monde entier, avec tous les acteurs du changement. Elle est donc partie en Inde, au Brésil, en Ukraine, en Suisse, pour interviewer des gens qui proposaient des alternatives crédibles à notre système. Elle a voulu que la parole soit portée autant par les théoriciens et ténors des différents mouvements que par les paysans et les petites gens qui sont les vrais acteurs et inventeurs des changements. Elle ne voulais pas faire un film qui culpabilise et déprime les gens. Et pour ma part je trouve que c’est réussi!

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Solutions locales pour un désordre global est un documentaire qui ne peut laisser de marbre le public. En effet, les propos qui sont montrés concernent toute les populations car il s’agit de la nourriture. Coline Serreau arrive avec brio à mettre à l’écran ce sujet délicat en montrant que cette mondialisation entraine la pauvreté chez des millions de personnes. Mais cette désertification des campagnes est devenue aussi une disparition des espèces végétales. La réalisatrice donne un aperçu des graines pour la semence qui est supervisée par les industriels. Ce sont eux qui s’enrichissent et font décliner le monde sans se soucier des conséquences pour les générations futures. L’argent est plus fort que la biodiversité.

Comme Coline le souligne bien, tout ce processus aboutit à la mort de la Terre.

C’est donc caméra au poing, que Coline Serreau a parcouru le monde pendant près de trois ans à la rencontre de femmes et d’hommes de terrain, penseurs et économistes, qui expérimentent localement, avec succès, des solutions pour réparer les dégâts d’une terre trop longtemps maltraitée. Elle a ainsi rencontré Pierre Rabhi, Lydia et Claude Bourguignon, les paysans sans terre du Brésil, Kokopelli en Inde, M. Antoniets en Ukraine… Tour à tour, on coute leurs histoires, drôles et émouvants, combatifs et inspirés, ils sont ces résistants, ces amoureux de la terre, dont le documentaire de Coline Serreau porte la voix.

La cause de tout ces problèmes c’est la révolution verte, une révolution industrielle, qui a reçu le prix nobel de la paix, sous prétexte que les nouvelles technologies de la chimie apporteraient la prospérité et que cette dernière apporterait la paix. Elle à été nommée ainsi comme une alternative. Mais en réalité, elle étais verte à cause de la couleur des dollars, oui car ils ont fait beaucoup de dollars avec cette révolution. Mais pour les gens du tiers monde, c’était juste terrifiant parce que tout a été détruit! Terre, eau, sol, air et biodiversité.

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Le taux de suicide à augmenté considérablement chez les agriculteurs, en Inde par exemple c’est 2 agriculteurs qui meurent toutes les heures. Ces dix dernières années c’est 200’000 fermiers qui se sont suicider. Et le pire c’est qu’ils se suicide avec leurs pesticides, alors c’est juste terrible, mais symbolique, mais franchement ça fait peur, non?! C’est certainement le plus grand génocide au monde! Et si ce n’était pas assez, tout ces paysans du tiers monde épargné par les suicides vivent entassé dans des bidons-villes.

On suit par exemple Narayan Reddy en Inde qui a travaillé pour l’agriculture chimique mais qui un jour à décidé de tourné le dos à ces méthodes, aujourd’hui il est autonome et vit bien, il a 1,8 hectare de terre avec des chiffres plaisants et il ne dépend de personne.

Le MST, mouvement des sans terre, une organisation brésilienne qui milite pour donner des terres au paysans est né dans les années 70. Organisés dans 23 des états brésiliens, les travailleurs du MST soutiennent les initiatives qui cherchent des solutions aux graves problèmes structurels du Brésil.

Ils veulent récupérer ce savoir populaire, pour retrouver une agriculture qui respecte l’environnement.

Les gens du MST se font traiter de Don Quichotte se battant contre des moulins à vent, en voulant faire renaître certaine valeur oubliées, une agriculture familiale au lieu d’une agriculture industrielle.

Un peut plus tard dans le film on suit un petit fils d’agriculteur, d’origine Italienne, qui on émigré au Brésil, car ils n’avaient pas de terre. Il a donc intégré le mouvement en 1987. Lors de l’occupation les conflits étaient très violents, il y a participer, il a été arrêter et même torturé. Ce mouvement paraît tellement utopique qu’une fois intégrer même les gens les plus proche les traitent comme des vagabonds. Une histoire que ce jeune préfèrerait oublié.

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Au final tout est transformé, la terre ne ressemble plus à de la terre on dirait du ciment, le blé n’est plus blon mais gris. Mais en fin de compte que pourrait-on obtenir d’autre avec toutes ces hormones et produits chimique?!

Antoniets Semen Sviridonovitch par exemple, était à l’époque de l’URSS directeur d’un kholkoze en Ukraine, ces fermes collectives d’état de plusieurs milliers d’hectares. Après la guerre, avec la révolution agricole et industrielle, Moscou lui envoie des produits à mettre dans les champs dont du DDT afin de prémunir les plantations contre les maladies, et d’augmenter les rendements. Les femmes qui s’occupent traditionnellement de la terre et des plantations ont donc répandu ces poudres “miracles” et Antoniets Semen Sviridonovitch les a vues tomber malades et développer de graves maladies de peau. Il a ainsi décidé que, “de son vivant, personne n’utiliserait plus ces produits” et cela fait plus de 30ans qu’il consacre toute son intelligence et son énergie à développer des techniques culturales respectueuses de la santé et de la terre qui les nourrit.

En fait la terre souffre et on la mal-mène je ne vous apprend rien, mais l’agronomie à fait croire aux gens que sans engrais on ne pouvait rien faire, mais C’EST FAUX! Parce que depuis des milliers d’années, regardé les forêts par exemple elles s’en sortent très bien sans l’aide de personne.

 

Garden Trio et Madeleine Besson

 

Au fur et à mesure du film j’en reste un peut, beaucoup, même de plus en plus choquée en fait, Saviez-vous qu’il est interdit de commercialisé des anciennes variété de fruit et légumes, hein c’est bien de ça qu’on parle, non inscrite sur la liste nationale, il est même interdit d’échanger ou de donner de ces semences, non mais c’est aberrant! des centaines voir plus, de variété de toutes sortes ont disparu.

Dominique Guillet a compris depuis toujours que le salut de l’humanité passait par le respect de la terre.

Il prend alors la décision de lutter contre la confiscation des semences par les industriels en préservant les semences anciennes. Cet engagement donne naissance à l’association Kokopelli qui propose à la vente des centaines de variétés de plantes potagères. Ce nouveau projet dérange, car la production de semences reste la «chasse gardée» d’une poignée de multinationales. Ils se retrouvent donc sans cesse harcelé par les tribunaux.

Par exemple Philippe Desbrosse agriculteur et docteur en sciences de l’environnement s’est retrouvé en procès après avoir sauvé une variété de pomme de terre n’étant pas sur la liste nationale. Alors on le félicite grandement, mais on lui mets quand même une amende. Non mais vous y croyez à ça vous? Moi j’ai du mal, je trouve que c’est vraiment n’importe quoi, mais j’dis ça, j’dis rien hein.

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Tout ces témoignages, sont entre-coupé de magnifique images, ponctuer par les visages tout sourires d’hommes et de femme malgré certaines situations, et d’une bande son merveilleuse. Cette bande son c’est au garden Trio et à Madeleine Besson qu’on la doit. Ils acceptent cette collaboration sur demande de Coline, se sentant concerné par le propos du film.

Pour résumer, si la planète pouvait parler, elle dirait merci à la réalisatrice. Son documentaire vivifiant, fait partager les expériences de gens simples qui, dans le monde entier, ont décidé de prendre le poireau par la racine pour refuser la malbouffe, les pesticides et autres maux du siècle qui nous empoisonnent dans tous les sens du terme.

Solutions locales pour un désordre global, c’est donc un très bon documentaire qui permet de prendre conscience du monde qui nous entoure et de ses problèmes. Alors une fois de plus, trouver-le, regarder-le, inspirez-vous de ces idées simple et saines pour notre planète.

Vous avez envie d’agir je vous conseille le site du film ou vous y trouverez toutes les informations à savoir

 

www.solutionslocales-lefilm.com