CINEMA L’envers du décor « La belle verte »

Pour ce deuxième film dans la série verte, on va parler un peut écologie et utopisme. C’est un film de Coline Serreau sortit en 1996, 11 ans après 3 hommes et un couffin. À sa sortie, Coline Serreau déclara avoir réalisé son film le plus personnel. Un film qui a fait parler de lui, mais pas comme on pourrait le penser, j’y reviendrait plus tard ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous laisser dans le suspens. Ce film compte une distribution assez riche avec comme par exemple, Vincent Lindon, Marion Cottillard qui joue ici son 1er rôle, Claire Keim, Patrick Timsit ou encore Francis Perrin.

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Sous la forme d’un conte philosophique, le film aborde des thèmes aussi divers que l’anti-conformisme, l’écologisme, la décroissance, le féminisme, l’humanisme, le pacifisme, les valeurs socialesou encore le rejet des technologies nuisibles, par le biais de dialogues ou de situations humoristiques. Les références à la spiritualité New Agesont très appuyées, télépathie, magnétisme, venue sur terre pour aider les humains à s’élever et parler vrai, philosophie de la nature, etc. Un film qui touche!

Quelque part dans l’univers existe une planète dont les habitants évolués et heureux vivent en parfaite harmonie. De temps en temps quelques-uns d’entre eux partent en excursion sur d’autres planètes. Curieusement depuis deux cents ans plus personne ne veut aller sur la planète Terre. Or un jour, pour des raisons personnelles, une jeune femme décide de se porter volontaire. Et c’est ainsi que les Terriens la voient atterrir en plein Paris.

 

L’histoire débute sur une planète lointaine, la planète verte, on à l’impression de débarquer des siècles en arrière à une époque reculée, mais on comprend bien vite qu’elle est en fait habitée par une civilisation évoluée et égalitaire, vivant heureux et en parfaite harmonie avec la nature dans des paysages immaculés, et qui pratiquent certaines disciplines comme la télépathie.

L’ambiance y est magique, la bande son est enivrante, un coeur d’homme et de femme qui chantent et ses verts pâturages à l’image, c’est simplement magnifique. Après ce constat que personne n’est retournée sur la Terre depuis 200 ans et cherchant à en connaître les raisons, ils remarquent que la Terre abrite encore probablement une civilisation arriérée caractérisée par les inégalités sociales, le racisme, la monnaie, et d’autre trucs dans le genre. On y apprend ainsi que sur la planète verte il y a eu également une époque industrielle avec des biens de consommation, mais cette époque est désormais tellement lointaine qu’elle ne s’étudie qu’en cours d’archéologie.

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Attirée par la curiosité, et sachant que sa mère venait de la Terre, Mila, jouée par Coline Serreau, décide de la visiter pour peut-être y trouver ses origines. Équipée d’un programme de déconnexion qu’elle peut activer d’un seul geste de la tête et qui pousse la personne visée à évoluer et à tout le temps dire la vérité, elle est envoyée sur Terre.

Alors évidemment, quand elle atterrit, elle déchante rapidement, voyant les autoroutes urbaines, l’air pollué, les trottoirs jonchés de déjections, la mauvaise mine et l’agressivité des habitants, c’est juste l’horreur pour elle. Pour couronner le tout, elle ne supporte pas la nourriture industrielle, alors pour se recharger, leur solution alternative est d’être en contact avec un nouveau né. Elle se met alors à la recherche d’une maternité. Sur son chemin elle croisera plusieurs passant à qui elle demande des informations et se voit souvent dans l’obligation de les déconnecter. C’est très drôle, car le temps d’une convulsion, le cobaye est purgé, il arbore un sourire béat et se met, au choix, à embrasser les platanes, à jeter sa télé sur le trottoir, à offrir des fleurs à sa femme, ou à balancer les gâteau de sa propre boulangerie sur la bagnole en face du magasin.

Elle fini par trouver une maternité et serre ainsi contre elle un joli petit bout que la mère à abandonné, mais se fait surprendre au petit matin, par l’infirmière de garde, joué par Marion Cottiard et le chef de service de l’hôpital, Max, rôle campé ici par un merveilleux Vincent Lindon, qui menace de la livrer à la police. Alors là faut pas poussé, Mila, ne peut pas se permettre ça et du coup elle va aussi le déconnecter, son comportement change entièrement, il devient spontané et empreint de bonté, c’est que bonheur!

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Max installe donc Mila chez lui. Malgré la résistance et l’étonnement le plus total de ses enfants et de sa femme.

Revenue se recharger à la maternité, Mila trouve Macha en pleurs, qui lui apprend que la DDASS viendra prendre le bébé, étant donné que la mère demeure introuvable. Elles décident alors de le ramener chez Macha, qui vit avec sa sœur Sonia. Les inspecteurs de la DDASS décident de mener l’enquête. Pour s’en débarrasser, Mila les déconnecte aussi.

Au cours d’une conversation télépathique avec leur mère, les deux plus grands fils de Mila, ont vu l’image des deux soeurs et en sont tombés immédiatement amoureux. Ils demandent donc au plus ancien de les envoyé sur terre pour les retrouver. Cela ne se passe pas tout a fait comme prévu, ce qui nous emmènera dans le désert australien avec en prime de magnifiques images.

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Quelque scènes très drôle, quand Mila décide d’utiliser ses pouvoirs de télépathie et son programme de déconnexion pour faire œuvre utile: elle déconnecte un homme politique et le journaliste qui l’interviewe à la télévision.

Ou encore quand par erreur elle déconnecte des musiciens d’un orchestre classique se trouvant à l’aéroport, ceux-ci livrant le soir-même à l’opéra Bastille un concert déchaîné mélangeant les styles. On écoute, et je vous laisse imaginer une salle comble de gens de la haute société venu se détendre en écoutant de grands classique, imaginer leur têtes quand le quatuor commence à péter un câble et partir en vrille.

Enfin, au Parc des Princes, elle fait en sorte que tout le stade entende la musique du Beau Danube Bleu et elle déconnecte l’ensemble des joueurs d’un match de football ainsi que les arbitres, qui entament alors un ballet dansant, dans l’incompréhension la plus totale du public du stade.

Parlons maintenant du pourquoi du comment le film à fait couler de l’encre si vous le voulez bien Pour ce tournage Coline Serreau dit qu’il a été un des plus heureux mais aussi des plus dur qu’elle ait connu. Mais elle avait autour d’elle une belle liste de gens et d’amis, qu’elle connaissait bien et qu’elle aimait. Colline Serreau a eut envie de tourner un film fou, sur l’utopie, qui questionnerait notre système à sa racine. Après un travail théorique qui l’a occupée longtemps, après avoir rempli des cahiers de notes, de scènes, de réflexions, d’essais infructueux, après s’être posé tant de questions qu’elle n’entendait même plus les réponses, la phase d’écriture est arrivée, guidée par le mouvement serein des arbres.

Comme des compagnons de route, des extraordinaires acrobates de l’école de cirque « Fratellini » et son professeur de trapèze. Alexis Galpérine, immense violoniste, qui a réuni l’orchestre pour la séquence de l’Auditorium de la Bastille. Laura Scozzi qui a inventé la choré de la séquence de foot avec une géniale folie provocatrice. Plus un tas d’autre personne qui l’on soutenue sous le soleil comme sous la pluie.

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Le scénario fini, les réactions ont été très contrastées. Le producteur, Alain Sarde, lui a fait part des réticences des divers partenaires qui devaient financer ce projet. “Voulez-vous vraiment tourner ce film? lui a-t-il demandé. Et elle a répondu oui, avec enthousiasme.“

Durant le tournage c’est une communauté de 150 à 500 personnes certains jours, qui ont vécu 16 semaines intenses, baladé entre entre une météo capricieuse, des levers au couchers de soleil, marchant, dormant peut, roulant tous pour ce projet dément auquel ils avaient la gentillesse de croire.

Ensuite vient le montage, encore en 35mm avec toutes les techniques, presses à couper la pellicule, en passant par les collures en scotch, jusqu’aux enrouleuses, tous ces objets que les monteurs d’aujourd’hui n’ont jamais connu et qui à l’heure du numérique, leur semble un art de Neandertal!

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Puis pour finir 6 mois enfermée dans le noir des salles pour peaufiner les moindres coupes et effets sonores, encouragée par sa compagne de galère Catherine Renault.

Et enfin la sortie, et là… Plouf! Echec cuisant!

Les financiers et rivaux laminent Alain Sarde, qui avait cru en elle, personne n’aime, personne ne va voir le film, les critiques la ridiculisent, le métier ne comprend rien à cet OVNI, les gens du Téléthon lui font même un procès, gagne et obtienne la censure d’une séquence les plus réussie du film.

Les pessimistes et critiques du scénario avaient raison car bien qu’elle ait fait tout son possible pour fabriquer une oeuvre magnifique, le film a provoqué soit une indifférence polie, soit des attaques d’une très grande virulence, mais a, en tout cas, fait très peu d’entrées.

Même son public fidèle, n’a pas voulu de la Belle Verte.

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Et dans ce métier, après ces années de lent et patient travail, tout se joue en une minute quand on vous dit « Très mauvaise 1ère séance, le film est mort! »

Et c’est vrai, ils ne se trompent jamais sur les chiffres! Ils avaient raison sur tout, y compris l’existence mondaine du film et sur les mépris de son contenu et de son enterrement dans le gotha Parisien.

Mais ils avaient tort sur une seule chose: un film n’est jamais mort. Il existe dans la durée. Au fil des années, « La Belle Verte » s’est mise à exister envers et contre tout, sans que que Coline Serreau n’y fasse rien, à grandir, à s’imposer, comme un être vivant qui évolue, par le besoin que les gens avaient d’elle et de ce qu’elle criait au monde. Des sites sont apparus sur Internet, des clubs « Belle Verte », des groupes de gens qui se réunissaient pour regarder le film ensemble et en parler.

Aujourd’hui le 90 pour cent des gens qui l’abordent lui parle de « La Belle Verte ».

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Toutes ces questions ont fait que lorsque François Nyssen et Jean-Paul Caitani lui ont proposé de publier le scénar avec le DVD du film elle fût très très, mais alors très heureuse.

Elle espère maintenant que cette création collective, prendra sons envol pour de bon et servira tout ceux qui auront besoin d’elle.

Etait-elle en avance? Sommes-nous au bord d’un tel gouffre qu’il nous faille mettre radicalement en question toutes nos valeurs comme le fait ce film, pour pouvoir inventer une nouvelle société?

Serte les critiques vont bon train, bon nombre de personnes en ont lu par exemple dans le magazine Télérama et a de se fait a coupé l’envie de nombreux téléspectateur de visionner ce film. Mais au final, plusieurs témoigneront en disant que si il l’avaient vu à l’époque de sa sortie, ils ne l’auraient peut être pas vu comme aujourd’hui. Ce film peut faire l’effet escompter sur certaine personnes, se sortir la tête du quotidien et rêver à un monde meilleur. La différence est que le film n’agit que sur les gens qui sont déjà en train de s’éveiller, un tant soi peu.

Ceux qui veulent rester dans l’illusion ne vont pas aimer ce film, c’est certain.

Bref si vous voulez en savoir un peut plus, je vous met un lien sur la page de Carnava.fm, comme ça si ça vous intéresse vous avez la possibilité de voir d’autres critiques bonnes et mauvaises.

 

lien télérama

Alors avancé ou reculé sur notre époque?

Un film à mon sens, bourré de réflexions sur l’état de notre planète et le résultat des avancement technologique, d’une intelligence incroyable, drôle et qui ne peut laisser indifférent.

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Au final, je pense, que ce film est une merveille, et que oui une catégorie de gens aimeront et les autres n’y comprendront rien.

Mais si vous êtes un poil écolo et rêveur et que nous n’avez jamais vu ce film, allez-y foncez! Il n’est jamais trop tard!