CINEMA L’envers du décor « Incassable »

Pour cette année, ma rubrique cinéma se nome l’envers du décors et on va bien s’amuser avec des jeux de mots tout sympa en rapport avec le thème choisi par le Carnaval, bien sur.
Sachez aussi que je me suis donné feux vert pour pas mal de révélations. Bref je ne vais pas tout vous dévoiler, mais presque sur les 7 films de cette édition 2013.

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Avec un budget de 75’000’000 de dollars mon premier choix de cette série en « ver » c’est arrêté sur Incassable ou L’indestructible pour sa version Québécoise ou encore Unbreakable, un thriller de super héros réalisé en 2000 par M. Night Shyamalan avec Bruce Willis et Samuel L. Jackson.

C’est l’histoire de David Dunn joué par Bruce Willis qui est un banal gardien de sécurité à Philadelphie. Il est le seul survivant d’une terrible catastrophe ferroviaire. À la grande surprise des autorités et des médias, l’homme s’en sort indemne, sans la moindre blessure ni traumatisme. Troublé par cet événement, Dunn se questionne. Qui est-il ? Pourquoi a-t-il survécu ? C’est en quête de réponses qu’il rencontre Elijah Price l’homme de verre, joué ici par Samuel L. Jackson, un handicapé misanthrope frappé d’ostéogenèse imparfaite.

Le film s’ouvre tout d’abord sur un tas de chiffres concernant les BD. Nombre de page de dessins de vente de prix etc.. Car il faut savoir qu’un des deux héros de l’histoire est un collectionneur de bande dessinée.

Incassable est un bon film de super-héros. Enfin super-héros, c’est très symbolique dans ce film. Le scénario n’est peut-être pas des plus mouvementés, mais il est original. Il est donc basé sur les comics, ces bandes dessinées de superhéros dont Elijah Price est dingue depuis son enfance. C’est l’un des grands thèmes du film, les références y sont nombreuses et c’est même la base principale de la relation entre les deux personnages du film. Mais il y a une approche différente, car il n’y a pas d’action, ni d’effets spéciaux, ce film n’est pas un bloc-buster. C’est juste l’histoire d’une personne qui a le pouvoir d’être incassable et d’une autre, son altère ego qui lui a des os en verre. L’un est incassable physiquement et fragile moralement, l’autre est un homme de verre au tempérament énergique. Les deux se complètent ou s’opposent, à vous de voir. Le film n’a rien des habituelles superproductions de superhéros supergéniaux avec des superpouvoirs, puisque ça se passe au sein d’une trame totalement réaliste. Et c’est ça qui le rend exceptionnelle et unique, c’est la façon différente de raconté une histoire, disons simplement que ce film est une histoire de superhéros, mais adaptée de façon très concrète dans notre monde de tous les jours, enfin, si les Etats-Unis, c’est le monde de tout les jours..

La 1ère scène nous tiens tout de suite en haleine, on se trouve chez une femme qui vient de mettre au monde un garçon, le médecin arrive pour contrôler le bon déroulement et examiner l’enfant. Et là, on sent qu’il y a un problème, il tire une drôle de tête.

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Elijah Price souffre depuis sa naissance d’une forme d’ostéogenèse. S’il reçoit le moindre choc, ses os cassent comme des brindilles. Depuis son enfance, il n’a de cesse d’admirer les superhéros, des personnages qui sont tout l’opposé de lui-même. Propriétaire d’un magasin spécialisé dans les bandes-dessinées, il épluche pendant son temps libre les vieux articles de journaux à la recherche des plus grands désastres qui ont frappé les Etats-Unis. Il se met alors en quête d’éventuels survivants, mais évidemment il y parvient rarement.

Au même moment, Un homme, David Dunn, qui nous donne l’air d’un type pas très sûr dans son mariage, monte dans un train et là, c’est le drame! Un terrible accident ferroviaire fait 131 morts. Un seul des passagers en sort indemne… Bruce Willis.
La sortie des urgences est pour le moins impressionnante de regards, puisque toutes les familles sont là et qu’il est le seul à sortir.
Il découvrira par la suite un mot l’obligeant à se questionner sur lui même, et à rencontrer ce Elijah Price, car, oui il faut le dire l’autre sujet principal du film outre les comics c’est surtout la recherche de soi-même.
Bref, les deux personnages principaux sont en pleine crise d’identité et vont mutuellement s’aider pour tenter de la résoudre.
L’évolution du personnage principal est assez bien réussie, allant de révélations en révélations, David se transforme et apprend à connaître sa vraie nature, le « nouveau » rôle qu’il doit jouer dans sa vie. Et pas des moindre, hein, on parle de super-héros, je le rappel. Le spectateur suit donc l’avancée du personnage principal en même temps que lui.

C’est le fils de David, qui va finir par le pousser à aller au bout de ses limites, car il est conscient que son père est spécial, il est convaincu que c’est un héros au sens propre du terme. Ce qui donne lieu plus tard à une scène haute en suspense, lorsqu’il tient à vérifier que son père est vraiment un superhéros. Il le menace carrément avec une arme pour donner raison à Price, là on flippe bien. Oui c’est là qu’on revient dans la réalité. Là que Shyamalan nous dit « Opopop’, Stop. C’est bien beau tout ça, mais il ne faut pas oublier que notre personnage n’est pas non plus Superman ». Alors, incassable ou invincible? C’est quand même pas pareil. Une façon de nous dire que ce film n’est pas un film fantastique, que ce n’est pas un gros n’importe quoi et que l’histoire tient debout.

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Ensuite, vient, la scène où David Dunn commence à avoir des visions. C’est un tournant dans sa vie, un moment clé, qui lui fait prendre conscience qu’il y a une part de sa personnalité qu’il n’a jamais exploitée et dont il n’a jamais eu connaissance. C’est également le point culminant de sa quête, en quelque sorte un aboutissement spirituel. Pour ma part, j’ai trouvé ces scène de visions un peut too much, mais j’dis ça, j’dis rien. Bref un nouveau héros est né à Philadelphia. Sans trop vous dévoiler tout, totalement tout, pour garder un poil de mystère, il suit une de ses visions, et là on a un héros dans toute sa splendeur, avec image bien flippantes et musique hyper sombre, signée James Newton Howard, magistrale bande son.

Pas mal d’émotions, petite tirades de larme, sur la fin, il faut le dire, quand il fait comprendre la vérité à son fils, c’est beau, c’est bien jouer, rien à dire, on a là des bons acteurs.

Parlons un peut du réalisateur, si vous le voulez bien,
M. Night Shyamalan qui est, non seulement un réalisateur, mais aussi scénariste, producteur et acteur, est né en 1970 à Pondichéry. Il interprète un rôle dans la plupart de ses films, de la même manière qu’Alfred Hitchcock par exemple. Il joue ainsi le rôle du docteur Hill dans 6ème Sens ou encore celui d’un dealer dans Incassable.
Le réalisateur, a l’impression d’avoir commencé avec Sixième sens quelque chose qui trouve son accomplissement dans Incassable. On y retrouvera sans doute une certaine signature – après tout, ce film a été fait avec la même équipe : un suspense dense, des retournements de situation inattendus et de l’émotion, le tout au sein d’une histoire totalement nouvelle.

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Philadelphie encore et toujours, cette capitale de Pennsylvanie a servi de décors à tous les films de Shyamalan. Le réalisateur avoue que«Philadelphie est une icône de la ville américaine particulièrement riche du point de vue historique, et on y trouve aussi des gens de grand talent tant devant que derrière la caméra.»
Alors malgré l’échec de ses deux premiers longs métrages, Shyamalan est désormais devenu célèbre dans le monde entier grâce à 6ème Sens. Puis, il enchaîne avec d’autres films, qui s’affichent généralement dans le box-office, avec entre autre Le Village, Signe ou encore Phénomène. Night Shyamalan s’impose alors comme l’un des nouveaux maître du thriller et du film fantastique à Hollywood.
Dans tous ses films, on remarque une distribution composée essentiellement de célébrités dont la renommée est acquise : Bruce Willis, Samuel L. Jackson, Joakim Phoenix ou encore Mel Gibson. Ses films se caractérisent aussi par leur fin haletante et imprévue. Il a utilisé et popularisé le concept de twist final.
Et oui car à chaque fois que l’on regarde un film de M. Night Shyamalan , on est secoué et surpris surtout au premier visionnage. Le cinéaste nous livre la plupart du temps des odyssées fantastiques qui se terminent toujours par un coup de théâtre saisissant. Incassable n’échappe pas à la règle, il fait mieux : il la transcende.

Alors pour ceux qui avaient vu en « Sixième sens une simple manipulation aussi habile que stérile, Incassable apporte un brillant démenti en forme d’approfondissement. Ce quatrième film de Shyamalan appuie toujours sur le même clou, creuse le même filon formel et thématique et apporte la preuve que ce réalisateur est doué de la capacité à transformer ses obsessions très personnelles, en des spectacles majoritaires. Comme Sixième sens, Incassable serte, est une histoire à dormir debout.

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Mais ce film ne fait pas l’unanimité. Des scènes longues, des plans très lents, qui ennuie visiblement les gens. A croire que si ça ne bouge pas un minimum, c’est pas intéressant. Mais il faut voir ici la beauté des plans, la finesse des mouvements de caméra, et les sensations procurées par la musique. Comment ne pas ressentir cet habile mélange d’émotions et de frissons à la vision de cette intrigue? Il faut savoir que pour le réalisateur, le son représentait son idée la plus ambitieuse. Il voulait un film qui ait un son unique, original et jamais entendu ailleurs. Comme par exemple la scène où Elijha tombe dans les escaliers à la poursuite d’un homme pour confirmer les intuitions de David. On entend le bruit de sa chute, seulement quand on le voit. On alterne entre du silence et l’horrible craquement de ses os, tandis qu’il dévale l’escalier, le son de sa canne en verre qui se brise, et une fois en bas, il réalise avec horreur, que David avait raison. Cette scène est juste « incredible ». On est complètement dedans. Beau travail donc pour cette bande son et les bruitages qui sont magnifiquement réussis et qui donne à ce film une ambiance maîtrisée.

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Alors serte, ce n’est pas de l’action, ni du suspense, ni du fantastique, seulement des effets visuels percutants, une histoire passionnante et originale, d’ordre psychologique.

Les acteurs Bruce Willis et Samuel L. Jackson, qui pour ce film se réunissent pour la 4 ème fois, après Alarme Fatale, Pulp Fiction et une journée en Enfer, sont très bons, Bruce Willis au top, j’dois dire que j’adhère totalement à cet acteurs, ce rôle lui va comme un gant et il nous prouve qu’il sait jouer autre chose que des films d’actions; et Samuel L. Jackson campe son rôle de gentil méchant, avec grand talent en personnage énigmatique et intriguant. Certains trouveront que le rythme du film est très lent, d’autres diront que c’est ce qui fait tout son charme. L’intrigue se place tranquillement et on apprend petit à petit de nouvelles choses sur les personnages. Et quand on a jamais vu le film on ne se doute pas un instant du dénouement final. Même moi qui l’avait vu il y a fort fort longtemps, et que votre serviteuse s’est re regardé pour vous, eh bien j’en suis restée bouche bée!

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Au final, comme vous l’aurez compris, la griffe de M.Night Shyamalan, c’est de nous mettre sur le cul, et là pas de doute, c’est à frémir d’horreur, ouai carrément! Je n’ose pas décrire cette scène finale, car si parmi vous certains ne l’auraient pas vu, ce serait un sacrilège de ma part de vous dévoiler cette fin. Bien sur ce qui est intéressant, c’est quand on le voit pour la 1ère fois, car on ne sait pas où va l’histoire, ce qu’aime le réalisateur, c’est de voir le public avoir le souffle couper, les 5 dernières minutes! Et là c’est clair, le paris est tenu. Bref si vous ne l’avez pas vu, courrez vite vous procurer ce film, vous ne serez pas déçus.