CINEMA CHOC  » ORANGE MECANIQUE »

Pour le 3ème film de cette rubrique cinéma j’ai choisi Orange mécanique, tout le monde la vu ou en a entendu parler, évidemment! Donc vous savez que c’est un film de Stanley Kubrick qui est sortit sur les écrans en 1972. Maintenant partons du principe que vous ne le connaissez pas bien, alors moi je vais vous en parler.
L’histoire se passe au 21ème siècle, la violence et le sexe y règnent, Alex, jeune chef de bande, exerce avec sadisme une terreur aveugle. Après son emprisonnement, des psychanalystes l’emploient comme cobaye dans des expériences destinées à juguler la criminalité…
Saviez-vous que ce film est tiré d’un Roman d’Anthony Burgess? L’orange mécanique ou A clockwork Orange dans son édition originale Britannique publié en 1962. ce film est à classer dans les films d’anticipation, mais peut également se voir comme une satire de la société moderne. Ici, c’est la vision d’une cité urbaine où les jeunes ont pris le pouvoir qui est présentée au spectateur. Ce film se veut aussi un peu futuriste, très violent et très psychologique, avec un côté drôle et parfois dramatique. Dans ce film, Stanley Kubrick semble surtout privilégier le climat malsain et dérangeant qui se dégage, ainsi que le côté viscéral, plutôt que la violence graphique visuelle.

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19216572&cfilm=260.htmlDans cette bande

annonce vous avez sans doute reconnu le thème de Bethoven, pourquoi je vous parle de ça? j’y viens.
En Angleterre, dans un futur pas forcément éloigné mais à l’ambiance très futuriste, Alex DeLarge, jeune délinquant passionné par la musique de Beethoven(«Ludwig van») est obsédé par le sexe et adepte de la violence (ultra-violence dans son propre jargon).
Alex et sa bande, les droogs, s’expriment dans un argot anglo-russe auquel l’auteur du roman, a donné le nom de Nadsat, le mot droog voulant dire ami en russe. Leur boisson préférée est le Moloko un lait dopé au speed, crack et mescaline synthétiques. Ils errent dans la ville en enchaînant passages à tabac, viols et affrontements avec les bandes ennemies.

Un jour, un cambriolage dégénère en meurtre et, trahi par ses fidèles droogs, Alex est arrêté par la police et condamné à 14 ans de réclusion criminelle. Deux ans plus tard, pour sortir de prison, il se porte volontaire pour tester une thérapie révolutionnaire, financée par le gouvernement dans le cadre d’un programme expérimental d’éradication de la délinquance. Il s’agit d’amener Alex à associer certains stimuli, des scènes de violence ou de sexe projetées sur un écran qu’il est forcé de regarder, aux douleurs provoquées par les drogues qu’on lui administre au cours de ce traitement. Une séances de projection sur une série de scènes de l’Allemagne nazie dont la bande-son est la Symphonie n° 9 de Beethoven, va paradoxalement transformer son admiration pour ce chef d’œuvre en une profonde aversion, montrant l’évidente efficacité du traitement. Après sa remise en liberté, il apparait totalement inadapté et sans défense face au reste de la société. En effet après sa sortie il se retrouve face à certaine personnes qu’il avait auparavant passé à tabac et tout se retourne contre lui. Il va essayer de s’en sortir à bout de force…

Tant l’«ultra-violence» qui souligne tout le film que la dernière réplique d’Alex, disant « Je suis guéri », simplement parce que le lavage de cerveau n’agit plus, peuvent conduire à une mauvaise interprétation du film.
Ce sont sans doute les paroles de l’aumônier qui résument au mieux le sens de ce film « Quand un Homme cesse de choisir, il cesse d’être un Homme » Kubrick voulait démontrer que la société ne vante pas le bien mais force l’individu à s’y conformer. Le bien n’est donc pas choisi mais adopté sous la contrainte de l’éducation, de la loi et de la répression. Ces thèses sont illustrées par le terrifiant traitement qui impose à un criminel de faire le bien contre sa volonté, alors que son for intérieur reste identique. Il n’y a aucune rédemption dans ce comportement artificiel. Un individu forcé à bien agir n’est donc pas nécessairement bon pour autant. Le film, montrant une société cynique et des pouvoirs publics maniant la dernière démagogie, critique un ordre social où le bien et la morale, ont fait place à un simple utilitaire policier et technocrate.
Cette critique virulente de l’immoralisme de la société se retrouve dans de nombreuses œuvres d’anticipation. Comme par exemple le célèbre roman de George Orwellle, le Winston de 1984, paru en 1949. Le système employé pour rendre Alex non-violent s’inscrit dans le même processus : le droit chemin, autrement dit le conformisme social doit être imposé; faute de quoi l’individu ne doit plus avoir le choix de refuser. Et se sont des thèmes qui sont aujourd’hui, toujours d’actualité. Au fil des virées d’Alex et de sa bande, on s’aperçoit qu’ils ne sont que de purs produits de la société et que, lorsque le vernis craque, les citoyens honnêtes leur ressemblent plus que ce que l’on aurait pu croire.

Après la sortie du film, plusieurs délinquants britanniques ayant perpétré des actes de violence gratuite ont déclaré avoir pris exemple sur le film. Les lettres de protestation, voire de menaces, envahissent alors la boîte aux lettres de Stanley Kubrick et des mécontents se groupent devant chez lui. Pour protéger sa famille, il demande à Warner Bros de retirer le film des salles de cinéma britanniques en dépit de son grand succès. Le film est retiré après tout de même 61 semaines de projection. Ce n’est qu’en 2000, après la mort de Kubrick, que le film est à nouveau projeté au Royaume-Uni. À la sortie du film en 1972, l’opinion publique s’était dite extrêmement choquée que la violence du film soit représentée de manière esthétique, lui donnant des ambiances de fêtes notamment dans les actes commis par Alex et sa bande au début du film, ce qui entraîna une censure. Dans les bonus du DVD, il est dit que les censeurs n’ont au final rien trouvé à redire sur le film et se sont même déclarés étonnés de sa réputation sulfureuse au vu de son contenu réel qui justifiait selon eux la violence gratuite du début du film.

Kubrick s’est basé sur la version américaine du livre, hormis quelques différences importantes mais très localisée, le film est très proche du livre. Certaines répliques sont directement inspirées des dialogues du livre; les différences qui subsistent sont des broutilles. Certains détails sont entièrement apportés par Kubrick: la ch anson I’m singin’ in the rain, par exemple à été choisie, car c’est la seule que le comédien connaissait par coeur. Certains éléments du livre ont également été supprimés pour l’adaptation en film, tels l’assassinat commis par Alex en prison ou l’agression du vieux à la bibliothèque. On note aussi une nette différence quant à la quantité de jargon utilisé dans le film, largement inférieure à celle présente dans le livre. Le vocabulaire d’Alex et de ses droogs subit aussi parfois certaines modifications. Ces changements s’expliquent par la nécessité pour un spectateur n’ayant pas lu le livre de s’adapter rapidement à l’univers particulier de Burgess.

La bande originale d’Orange mécanique est très particulière, voire «expérimentale» pour l’époque. Kubrick préférait généralement utiliser de la musique classique existante plutôt que de faire appel à des compositeurs hollywoodiens, incapables selon lui de rivaliser avec les grands classiques. Le film étant en cours de montage, il réfléchissait à un moyen d’accommoder Beethoven, nécessairement présent dans la bande originale en raison du culte que lui voue le jeune voyou protagoniste, lorsqu’il reçut une proposition d’un ingénieur du son et compositeur auréolé d’un immense succès de l’époque, Wendy Carlos et son Switched on Bach, joué avec un instrument alors révolutionnaire, le synthétiseur modulaire. Il parut évident à Carlos que la musique de Beethoven ne pouvait, sur un tel projet, être adaptée autrement. Elle fit donc parvenir quelques maquettes à Kubrick, qui fut séduit. À la fin des années 60, les synthétiseurs sont des instruments d’avant-garde, aux sons inédits, nouveaux, qui créent une atmosphère étrange. Wendy Carlos adapte notamment la Symphonie nº 9 de Beethoven, l’ouverture de Guillaume Tell deRossini, le film s’ouvrant sur un morceau particulièrement sinistre, mettant immédiatement le spectateur dans l’ambiance d’un monde futur inquiétant: Musique pour les Funérailles de la Reine Mary de Henry Purcell. Kubrick avait à l’époque demandé au groupe Pink Floyd d’utiliser les chansons de leur album mais la proposition a été déclinée

Pleins de clin d’oeil, d’allusion et d’hommage dans ce film telle que les peintures qu’on aperçoit dans la maison de la «femme aux chats» se sont celles de la femme de Stanley Kubrick. A l’hôpital dans un journal, on peut lire le nom de l’auteur du livre « Burgess ». Lorsque Alex est chez le disquaire on voit un vynil avec la BO de L’Odyssée de l’espace, film précédent de Kubrick. David Prowse, qui joue le rôle du garde du corps sera quelques année plus tard Dark Vador grâce à sa stature imposante. Et quelques autres que je vous laisserais trouver en regardant le film ou en allant faire un tour sur le site de la radio. Et dans la culture populaire, beaucoup d’individus dans un tas de domaines différents reprennent des idées du film, équipe de foot, chanteur, groupe, série télé, parodies etc.. Orange mécanique à également été adapté au théâtre, il n’y a pas si longtemps, c’était en 2006 à Paris.

Pour résumer et terminer cette chronique, ce film est un classique, qui à fait parler de lui. Kubrick retranscrit le roman de Burgess avec Brio et nous dépeint cette société cruelle et sans pitié. La réussite de ce projet tient d’une part aux acteurs dont la performance est remarquable. Mention spéciale pour Mac Dowell qui signe ici le rôle de sa vie, c’est une ordure de classe supérieure, on le hait dés le début du film et c’est chose rare, mais il arrive à rendre son personnage attachant malgré tout. D’autre part c’est l’intransigeance de Kubrick qui participe a la création de cette merveille. Il montre les choses dans toute leur horreur, ce qui nous offre des scènes d’une rare intensité, tantot crade tantot pathétique … C’est une expérience unique, mais aussi traumatisante car jamais ou presque on en a vu autant. Orange mécanique c’est un OVNI mais aussi une merveille du 7e art.

c’est pas chic, mais qu’est-ce que c’est choc ! NON?!
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Bravo à El Rordi qui à remporté deux billet de cinéma au Royal en répondant la question du jour;
Quel est le compositeur que l’acteur principal, Alex, adore? Beethoven