CINEMA CHOC « LES IDIOTS »

J’ai choisi aujourd’hui pour continuer dans la série de film choc, « Les Idiots ». Ce n’est pas un film avec de la violence proprement soit dite mais plutôt un film avec un sujet un peut bizarre qui peut être violent pour certaine âmes. Il raconte l’histoire d’un groupe de jeunes gens anti-bourgeois, doté d’un appétit de vie féroce qui passent leur temps à chercher leur « idiot intérieur », en libérant leurs inhibitions et en se comportant comme s’ils étaient mentalement retardés en public. Ils explorent les valeurs cachées et les moins appréciées de l’idiotie par conséquent provoquant l’opinion de la société, le politiquement correct. Ils estiment que la société dans son ensemble traite leur intelligence de façon non créative et sans défis. Ainsi, ils cherchent l’humiliation et les situations dégradantes.
Les Idiots est un film danois (Idioterne) sorti en 1998 et réalisé par Lars Von Trier un réalisateur un peut dérangeant et dérangé dont nous parlerons plus en détail après. Les Idiots est le premier film de Lars Von Trier fait conformément au manifeste Dogme 95 et le deuxième film de la «trilogie cœur en or» qui inclut Breaking the waves 1996 et Dancer in the Dark 2000.

Le début du film commence avec une femme, Karen, assise dans un restaurant chic, elle observe une jeune femme, Susanne, qui essaie de faire manger proprement deux hommes, handicapés mentaux. L’un d’eux, Stoffer, se prend d’affection pour Karen. L’autre, Henrik, perturbe le repas. Agacé, le garçon leur demande de partir. Karen les accompagne. Dans le taxi, elle comprend que ces deux personnes ont joué les idiots. Elle est involontairement impliquée dans le jeu de ce petit groupe, mais finalement, va décider de rester un peut avec eux. La communauté joue les débiles à la piscine, puis à Copenhague. Ils sont ravis à chaque fois que l’un d’entre eux trouve une nouvelle manière de dépasser les limites de la bêtise. Pour vous dire qu’un jour, l’or d’un faux anniversaire une partouze est organisée, avec l’accord plus ou moins tacite des participants. Et ce qui est certain c’est que ce passage lui n’est pas faux, c’est bien réel, et on voit tout, pas longtemps mais assez pour en rester bouche bée. C’est du Lars Von Trier.Par la suite le chef du groupe veut aller encore plus loin. Il faut que chacun soit capable de rentrer chez ses proches et de jouer les débiles, dans sa famille ou au travail. Alors y arriveront-ils ou pas? Je ne vous le dirais pas il faudra voir le film.

Le film est structurée par le trajet de Karen. Car tout prend sens à partir du malheur de cette dernière dont le visage ressemble à un masque tragique. Ses interventions brèves structurent le film en le ponctuant selon une certaine logique. Elle résiste maladroitement à la folie du groupe, et finalement c’est elle qui va le plus loin dans la transgression sociale. Elle va prendre conscience d’un tas de chose concernant sa vie et va les changer. Cette communauté en sympathie avec son malheur devient le seul repère affectif de Karen. Réciproquement, l’expérience des idiots trouve dans le tragique sa véritable raison d’être.

Parlons à présent du réalisateur, Lars Von Trier. Il fait sa première apparition à l’écran comme acteur, en 1968, dans la série télévisée L’Eté Mystérieux.
Dérangeant, Lars Von Trier est un réalisateur qui fascine et avec qui on ne ressort jamais indemne de ces films. Dans les Idiots le scénario est poussé à l’extrême par ces acteurs qui n’ont vraiment pas froid aux yeux et qui se sont donnés à fond… et… bien à fond! là je veux parler de la scène de la partouze.
Lars Von trier prête autant d’attention à ses acteurs qu’aux gens qui les regardent. Ce qui l’intéresse dans ces expériences n’est pas seulement la notion d’attentat mais aussi la façon dont l’attentat se développe peu à peu, dont le regard change. Mais Lars Von Trier va encore plus loin. Son point de vue est étrange et déstabilisant. D’abord, on pense que ce n’est qu’une simple provocation. Et puis, on comprend quelque chose de plus. C’est une provocation, certes, dirigée contre le monde, ou la société, mais contre toute forme de société en général.

De son véritable nom Lars Trier (il ajoutera le «von» aristocratique durant ses années d’école de cinéma), ce réalisateur et scénariste est aussi un des fondateurs du Dogme 95 qui définit d’après dix règles précises une façon de filmer. Je reviendrait plus en détail sur ce Dogme dans quelques instants.

Von Trier cherche fréquemment à réinterpréter des genres très codifiés tels que la comédie musicale « Dancer in the Dark », le film noir « The element of crime » ou le film d’épouvante « l’Hôpital et ses fantômes », en leur imprimant un style très personnel qui donne une grande place à la caméra portée.

Depuis le début de sa carrière, il adopte régulièrement une attitude polémique ou provocatrice, soit dans ses films soit dans ses interviews. Dès son premier long métrage, Element of crime(1984), il déclare: «J’espère de tout cœur que le film sera vu comme immoral. Je ne tiens pas à contenter les gens, je veux qu’ils prennent position».

Puis lors du Festival de Canne en 2011, il multiplie les provocations, à l’occasion de la projection de son film Melancholia. Lors du «photocall», il commence par tendre son poing droit où il s’est fait tatouer le mot «FUCK». Ensuite, lors de la conférence de presse, il affirme entre autres son intention de faire un film pornographique de 3 ou 4 heures avec Kirsten Dunst et Charlotte Gainsbourg sur requête de ces dernières, vous cibler un peut le personnage là?!

Et maintenant je voudrais aborder plus en détail la manière dont à été tourné le film, sous le Dogme 95. Les films «dogmatiques» selon ce mouvement répondent à un style de réalisation épuré, simplifié: pas ou peu de montage, avec des prises de son en direct, et filmé caméra sur épaule. Son style et ses thématiques sont parfois influencés par les maîtres de l’école scandinave, Dreyer et Bergman, ainsi que par le réalisateur soviétique Tarkovski.
Le manifeste du Dogme95, écrit à Copenhague par Lars Von Trier et Thomas Vinterberg, est daté du 13 mars 1995 mais il sera proclamé officiellement et publiquement le 20 mars 1995 au théâtre der l’Odéon à Paris, dans le cadre d’une rencontre sur le centenaire du cinéma.
Le Dogme95 est lancé en réaction aux superproductions anglo-saxonnes et à l’utilisation abusive d’artifices et d’effet spéciaux donnant du coup des produits formatés, jugés anodins et impersonnels. Le but du Dogme est de revenir à une sobriété formelle plus expressive, plus originale et ainsi être capable d’exprimer les enjeux artistiques contemporains. Dénudé de tout atrait esthétique et en prise avec un réel direct, les films qui en ressorte donnent un style vif, nerveux, brutal et surtout, réaliste, généralement tourner avec une caméra 35mm portée au poing ou à l’épaule et avec improvisation de plusieurs scènes.
Les promoteurs du Dogme, n’appliqueront jamais totalement ces principes, en particulier le dixième, ( qui est que le réalisateur ne doit pas être crédité) mais tenteront de s’en approcher le plus possible. Un label « officiel » marque les films répondant suffisamment aux critères du manifeste.

Pour finir avec ce sujet de réalisation voici, Le Vœu de chasteté du Dogme95 écrit par Lars Von Trier et Thomas Vinterberg.
1. Le tournage doit être fait sur place. Les accessoires et les décors ne doivent pas être amenés (si on a besoin d’un accessoire particulier pour l’histoire, il fait choisir un endroit où cet accessoire est présent).
2. Le son ne doit jamais être réalisé à part pour des images, et inversement (ce qui veut dire qu’aucune musique ne doit être utilisée à moins qu’elle ne soit jouée pendant que la scène est filmée). C’est pourquoi par rapport à ce point les tapis de cette rubrique que vous entendez ne sont pas du film, car il n y a pas de musique dans c efilm, eh oui. C’est pourquoi j’ai fait une sélection de grand classique de film et d’autres
3. La caméra doit être portée à la main. Tout mouvement, ou non-mouvement possible avec la main est autorisé. (Le film ne doit pas se dérouler là où la caméra se trouve; le tournage doit se faire là où le film se déroule).
4. Le film doit être en couleurs. Un éclairage spécial n’est pas acceptable. (S’il n’y a pas assez de lumière, la scène doit être coupée, ou une simple lampe peut être attachée à la caméra).
5. Tout traitement optique ou filtre est interdit.
6. Le film ne doit pas contenir d’action de façon superficielle. (Donc les meurtres, les armes, etc. ne doivent pas apparaître).
7. Les détournements temporels et géographiques sont interdits. (C’est-à-dire que le film se déroule ici et maintenant).
8. Les films de genre ne sont pas acceptables.
9. Le format de la pellicule doit être au format académique soit en 35mm.
Et enfin
10. Comme je vous en ai déjà parlé le réalisateur ne doit pas être crédité.

Pour terminer
La violence du film a un spectre bien plus large que ce qu’on voudrait croire au début. C’est une violence qui se retourne contre l’humain. C’est une expérience qui naît sous nos yeux puis s’autodétruit. Il y a l’engouement assez primaire des premières scènes, l’ambiguïté des suivantes, puis la mise à mort des dernières. D’ailleurs a scène de fin et d’une véritable puissance! Ce film osé repose avant tout sur les acteurs qui sont justes géniaux. A voir pour comprendre. L’oeuvre est perverse sans conteste mais au combien réfléchie sous son masque de grotesque.
Emotionnellement, rarement un film aura fait ressentir autant de sentiments opposés au spectateur, qui peut passer du rire à la gêne puis au malaise intenable dans la même scène. Un revirement complet en terme de cinématographie…si votre cerveau peut le supporter, c’est à ne pas manquer!

« Les idiots », donc, amènent obligatoirement, pour peu que l’on se laisse prendre au jeu, à de profonde réflexions, sur le détachement, la réalisation de soi, l’art et la société moderne et nous conduit à reconsidérer, réanalyser nos propres valeurs morales et notre rapport intime à la société, comme plus aucun film ne nous en laisse la possibilité aujourd’hui. Lars Von Trier nous fait nous questionner en touchant là où çà fait mal et ne cherche nullement à caresser les idées reçue dans le sens du poil, réalisant ainsi un film totalement subversif.

c’est pas chic, mais qu’est-ce que c’est choc! NON?!

Pour terminer cette rubrique, voici venu le temps des rires et des chants, non je rigole, voici venu le temps de répondre à ma question pour gagner deux billets de cinéma
De quelle origine est le film? Danois